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Ukraine: Moscou fustige les sanctions occidentales, Kiev satisfait

17/07/2014 05:36 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

La Russie a violemment réagi jeudi aux nouvelles sanctions américaines et européennes prises à son encontre pour son implication dans la crise en Ukraine, où les combats se poursuivent, promettant une "amère désillusion" aux Occidentaux et les menaçant d'une riposte "douloureuse".

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a immédiatement qualifié cette nouvelle vague de sanctions de "scandaleuse" et "totalement inacceptable", promettant une riposte "qui sera reçue à Washington de manière douloureuse".

"Nous ne cherchons pas un effet temporaire et ne souhaitons pas copier les méthodes de l'administration américaine (...). Nous ne répondrons pas à la provocation et agirons calmement", a-t-il expliqué.

Cette réaction a été suivie dans la nuit par celle du président russe Vladimir Poutine, qui a évoqué une "impasse" et les "graves dommages" causés aux relations russo-américaines.

"C'est dommage que nos partenaires suivent cette route. Mais nous n'avons pas fermé la porte aux négociations afin de sortir de sortir de cette situation", a-t-il toutefois nuancé.

"Si Washington a l'intention de détruire les relations russo-américaines, que cela soit sur sa conscience", a pour sa part écrit le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, promettant une "désillusion amère" aux Occidentaux.

"Le langage des sanctions, peu importe leur ampleur, est inutile avec la Russie", a-t-il ajouté, fustigeant un "chantage" et une "vengeance" des États-Unis.

- Chute de la Bourse de Moscou -

Les États-Unis ont durci mercredi soir leurs sanctions contre la Russie, qu'ils accusent de soutenir les séparatistes prorusses qui combattent les forces de Kiev dans l'est de l'Ukraine depuis plus de trois mois.

Washington a notamment ajouté a sa liste noire le géant pétrolier russe Rosneft, dont les avoirs aux États-Unis sont gelés, tandis que les entreprises américaines ne seront plus autorisées à mener des transactions avec lui.

La banque du géant gazier russe Gazprom, Gazprombank, et la banque publique russe VEB, qui compte le Premier ministre russe Dmitri Medvedev parmi ses dirigeants, figurent également parmi les nouvelles cibles américaines.

Les Américains "causent des dommages à leurs plus grandes compagnies énergétiques et tout cela pour quoi?" s'est interrogé M. Poutine.

"L'histoire a montré que de telles sanctions n'ont jamais été en mesure de mettre quiconque à genoux", a pour sa part lancé le Premier ministre russe Dmitri Medvedev.

Inquiète de cette nouvelle vague de sanctions visant certains géants de l'économie russe, la Bourse de Moscou a pourtant plongé jeudi matin peu après l'ouverture, ses deux indices perdant respectivement 2,70 et 4,05%. Le rouble chutait également à 34,8 pour un dollar et 47,1 pour un euro.

Les Européens, pour leur part, ont pris des sanctions de moindre ampleur, gelant des programmes menés en Russie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

"Il y a en Europe beaucoup d'opposants aux sanctions et la Russie a l'espoir de convaincre les Européens de renoncer à des mesures radicales", explique l'experte indépendante Maria Lipman à Moscou.

"Les États-Unis ne sont pas parvenus à leur objectif: créer un front commun de l'Occident contre la Russie. Des divergences demeurent et Moscou va continuer à tenter de les utiliser", affirme-t-elle.

L'UE a en outre décidé de cibler des "entités", y compris russes, accusées de soutenir "matériellement ou financièrement" les actions menaçant ou sapant la souveraineté de l'Ukraine mais leur liste précise ne sera déterminée que d'ici à la fin juillet, selon une source diplomatique.

"Nous sommes déçus que l'Union européenne, contrairement à ses intérêts, ait cédé au chantage de l'administration américaine", a réagi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

- 'Un pas important' pour Kiev -

Le président ukrainien Pétro Porochenko s'est pour sa part félicité jeudi des nouvelles sanctions européennes, saluant "un pas important dans le soutien à la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance de l'Ukraine".

M. Porochenko, qui a mené cette semaine une intense offensive diplomatique pour obtenir un appui ferme de l'UE face à la Russie, n'a toutefois pas commenté les sanctions américaines, pourtant bien plus vigoureuses que les mesures européennes.

Sur le terrain, les combats se poursuivaient jeudi, notamment autour de Donetsk et Lougansk, malgré une situation relativement calme la veille, avec des centaines d'habitants de Donetsk évacués en bus de la ville vers la Russie par les insurgés.

Les efforts diplomatiques, jusqu'ici dans l'impasse, ont été relancés par l'annonce mercredi soir par deux dirigeants séparatistes à Donetsk d'une visioconférence du "groupe de contact" sur l'Ukraine (OSCE, Ukraine, Russie) qui se tiendrait avec la participation des insurgés jeudi soir ou vendredi.

pop/ml

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