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Israël lance l'offensive terrestre sur Gaza

17/07/2014 06:02 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

L'armée israélienne a lancé dans la nuit de jeudi à vendredi une opération terrestre dans la bande de Gaza, après 10 jours de raids aériens meurtriers, le Hamas avertissant que l'Etat hébreu allait "payer un prix élevé" pour cette nouvelle escalade.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déploré le déclenchement de cet assaut terrestre et demandé à Israël d'agir "bien davantage pour faire cesser les pertes civiles".

L'Egypte, qui joue les médiateurs, a elle dénoncé "l'escalade" israélienne et demandé aux belligérants d'accepter sa proposition de trêve.

Cinq Palestiniens, dont un bébé, ont été tués depuis le début de l'opération terrestre, portant à au moins 246 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l'opération israélienne "Bordure protectrice" à Gaza le 8 juillet. Plus de 1.770 personnes, en majorité des civils, ont en outre été blessées, selon les services d'urgence locaux.

Israël cherche à neutraliser la puissance de feu du Hamas, mouvement terroriste pour Israël et l'Occident, qui a frappé l'Etat hébreu avec plus de 1.000 roquettes pendant 10 jours, faisant un mort.

Dans un communiqué, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a justifié le lancement de l'offensive par le "refus du Hamas d'accepter le plan égyptien pour un cessez-le-feu et la poursuite des tirs de roquettes sur Israël".

L'objectif est "d'infliger un coup significatif aux infrastructures du Hamas".

De son côté, le Hamas a dénoncé "une étape dangereuse, dont les conséquences sont incalculables".

"Israël va payer un prix élevé. Le Hamas est prêt à la confrontation", a déclaré le porte-parole du Hamas à Gaza, Fawzi Barhoum dans un communiqué.

Le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal a estimé pour sa part que l'offensive terrestre était vouée à l'échec.

"Ce que l'occupant israélien n'a pas réussi à réaliser par ses raids aériens et maritimes, il ne le réalisera pas par son offensive terrestre qui est vouée à l'échec", a-t-il dit à l'AFP.

Blindés, pièces d'artillerie et unités d'infanterie avaient été déployés massivement depuis 10 jours à la frontière.

Le gouvernement a par ailleurs donné son accord pour la mobilisation 18.000 réservistes supplémentaires, portant le total de mobilisables à 65.000.

Il s'agit de la première intervention terrestre israélienne depuis l'opération "Plomb Durci" de 2008-2009, qui avait fait plus de 1.400 morts palestiniens.

Selon le ministre de la Communication, Gilad Erdan, l'opération vise avant tout à "détruire les tunnels" du Hamas.

Interrogé sur une éventuelle réoccupation de la bande de Gaza, évacuée par Israël en 2005, il a dit que ce n'était "pas l'objectif" mais "qu'on peut en arriver là".

- Des salves illuminant le ciel -

L'armée israélienne a commencé à bombarder très intensivement la bande de Gaza par air, depuis la mer et avec des tirs de chars massés à la frontière vers 22H00 (19H00 GMT).

Des salves de roquettes, certaines bruyantes, illuminaient le ciel, selon des journalistes de l'AFP, dont l'hôtel tremblait sous la force des tirs de la marine. Certains quartiers de Gaza étaient plongés dans le noir.

Des témoins ont fait état de combats dans les régions de Rafah et Khan Younès (sud).

Alors que les trois-quarts des morts palestiniens sont des civils selon l'ONU, Israël a accusé le Hamas de se servir de civils comme "boucliers humains" dans cette enclave où s'entassent dans la misère 1,8 million de personnes soumises au blocus israélien.

L'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé pour sa part la découverte pour la "première" fois de roquettes cachées dans une de ses écoles de Gaza, dénonçant un incident qui "met en danger des civils".

- Courte trêve -

L'intervention terrestre intervient après une courte trêve humanitaires de cinq heures (07H00 - 12H00 GMT) jeudi négociée par l'ONU pour permettre aux habitants de l'enclave de se ravitailler.

Dès la fin de la trêve, les hostilités ont repris, et les bombardements ont notamment tué quatre enfants au moins.

Cette nouvelle étape de l'opération Bordure protectrice survient aussi alors que plus tôt dans la journée, un haut responsable israélien avait, sous couvert de l'anonymat, annoncé à des médias dont l'AFP qu'un accord de cessez-le-feu entrerait en vigueur vendredi matin.

Le Hamas avait aussitôt démenti tout en faisant état "d'efforts en cours" pour une entente globale au moment où des négociations ont lieu au Caire par l'intermédiaire du médiateur égyptien.

Le Hamas avait rejeté cette semaine l'initiative de cessez-le-feu égyptienne, exigeant une levée du blocus de Gaza en vigueur depuis 2006, l'ouverture de la frontière avec l'Egypte et libération de dizaines de détenus.

Avant l'assaut terrestre, l'Egypte avait vivement critiqué le Hamas, estimant que le mouvement islamiste aurait pu sauver des dizaines de vies s'il avait accepté le cessez-le-feu qui avait été accepté par Israël.

A Gaza, les rues portent les stigmates des bombardements: bâtiments éventrés, infrastructure détruite, meubles et électroménager brisés dépassant des décombres... Des débris qui témoignent de la violence des frappes.

Avant l'annonce de l'opération terrestre par l'armée,les Etats-Unis avaient demandé à Israël de "redoubler d'efforts pour éviter de faire des victimes civiles". Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait qualifié lui les bombardements sur Gaza de "tentative de génocide systématique" contre les Palestiniens.

Après le début de l'intervention terrestre, la France a appelé l'Etat hébreu à exercer "la plus grande retenue". Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius était par ailleurs attendu au Caire et en Israël vendredi pour évoquer la question de Gaza.

La nouvelle spirale de violence a été enclenchée après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en juin, attribués par Israël au Hamas qui a nié, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem, pour lequel trois juifs ont été inculpés.

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