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France: décès de Jean-Claude Kella, figure de la French Connection

17/07/2014 08:34 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

Figure de la French Connection, important trafic de drogue entre la France et les Etats-Unis dans les années 1970, l'ex-truand Jean-Claude Kella, décédé d'un cancer à 69 ans, aura passé plus d'un quart de siècle en prison, essentiellement aux Etats-Unis, avant de se lancer dans l'écriture entre réalité et fiction.

"J'avais fait du banditisme mon métier, je ne me plains pas", avait confié en 2009 cet homme apparemment "rangé", dans un entretien à l'AFP. Il recouvrait alors la liberté après avoir purgé onze ans de prison sur son ultime condamnation de quinze ans pour trafic de drogue.

Surnommé "yeux bleus" ou "le diable", le caïd, qui a mené grand train dans sa vie, expliquait qu'il était agent technico-commercial dans une société de sécurité de Nice, dans le sud-est de la France.

Tout commence à l'âge de 14 ans lorsque son patron lui vole ses pourboires d'apprenti coiffeur. "Je l'ai traité de voleur, il a voulu me frapper, je l'ai frappé le premier. Ma vie a basculé", avait-il raconté. Finies ses aspirations de coiffeur. S'ensuit une longue histoire de vols, braquages et trafics, et aussi l'amitié avec le parrain de Marseille, Francis Vanverberghe, dit Francis le Belge, mort assassiné en septembre 2000 à Paris.

Au sein de la French Connection, Jean-Claude Kella, polyglotte, devient un intermédiaire majeur avec les chefs mafieux italiens de New-York.

Relaxé à plusieurs reprises contre de fortes cautions, notamment au Mexique, il tombe en 1998 dans l'affaire "Topaze", un coup de filet historique dans le milieu marseillais parmi des proches de Francis Le Belge, concernant notamment un trafic de cocaïne colombienne en Europe.

De ses années de détention en solitaire, il avait tiré profit pour passer un bac français et son équivalent américain, et étudier philosophie, sociologie et langues étrangères. "Ca m'a aidé à supporter l'isolement, à évoluer", avait-il raconté.

"Le plus dur pour moi, c'est quand ma famille avait un problème à l'extérieur", notait cet homme père de deux garçons.

Comme beaucoup de figures du grand banditisme de sa génération, il avait publié en 2009 une histoire de son parcours de hors-la-loi intitulé "L'Affranchi".

"Il avait opéré une rédemption par l'écriture", estime son avocate Catherine Martini. "C'était un homme pudique, avec un code de l'honneur à l'ancienne", dit-elle.

Jean-Claude Kella a tiré sa révérence au domicile niçois de son épouse Marianne Fratoni, le 8 juillet, d'un cancer du poumon.

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