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Espirito Santo: l'Etat n'interviendra qu'en dernier ressort (ministre)

17/07/2014 02:17 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

La ministre portugaise des Finances Maria Luis Albuquerque a assuré jeudi qu'une éventuelle intervention de l'Etat en faveur de la banque Espirito Santo (BES), minée par son exposition aux difficultés de son principal actionnaire, n'était envisageable qu'en dernier ressort.

"L'intervention publique est toujours un scénario d'ultime recours", a-t-elle déclaré lors d'une audition au Parlement.

"Il n'y a en ce moment aucun élément qui amène le gouvernement à envisager une recapitalisation de la BES et nous n'avons aucune raison de penser qu'elle sera nécessaire", a souligné Mme Albuquerque.

Le Premier ministre Pedro Passos Coelho avait déjà dit vendredi dernier qu'il n'y avait "aucune raison pour que l'Etat intervienne dans une banque qui a des fonds propres solides et qui dispose d'une marge confortable pour faire face à toute éventualité, même la plus adverse".

La ministre des Finances du gouvernement de centre droit a précisé jeudi qu'une éventuelle intervention devrait obéir aux nouvelles règles européennes, transposées au Portugal au début de l'année.

"Les règles ont changé", a rappelé Mme Albuquerque en expliquant que désormais "les actionnaires et les créanciers sont appelés à partager les pertes préalablement à l'intervention publique".

Un des volets de l'union bancaire prévoit en effet que les premiers à payer seront les actionnaires et les créanciers, qui devront couvrir au minimum 8% des pertes de la banque avant que l'on puisse faire appel à des fonds nationaux de résolution, abondés par le secteur bancaire.

Quoi qu'il arrive, le gouvernement portugais peut toujours compter sur 6,4 milliards d'euros non utilisés de l'enveloppe de 12 milliards d'euros prévue pour la recapitalisation des banques dans le cadre du plan de sauvetage financier du pays, qui a pris fin en mai dernier.

Réagissant aux informations selon lesquelles une des principales holdings du groupe Espirito Santo s'apprête à déposer son bilan, la ministre des Finances a jugé que "lorsqu'un groupe est en proie à des difficultés, c'est dans l'intérêt de tous qu'elles soient réglées au plus vite".

La holding en cause, Rioforte, devrait d'ici la fin de la semaine demander auprès des autorités du Luxembourg, où elle est basée, à être mise en redressement judiciaire, a appris l'AFP de source proche du dossier.

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