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Chine: prison à vie pour un haut cadre du Parti, condamné pour corruption

17/07/2014 04:04 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Un haut responsable politique chinois s'est vu infliger jeudi une peine de prison à vie pour avoir touché des pots-de-vin conséquents, devenant le premier cadre de haut niveau condamné dans la campagne anticorruption initiée par le président Xi Jinping.

Limogé l'an dernier de son poste dans la région de Mongolie intérieure (nord), Wang Suyi a été reconnu coupable de corruption et condamné à une peine d'emprisonnement à perpétuité, a annoncé sur son microblog officiel le Premier Tribunal populaire intermédiaire de Pékin.

Le cadre de 53 ans était accusé d'avoir accepté plus de 10,73 millions de yuans de pots-de-vin (1,28 million d'euros) entre 2005 et 2013, en contrepartie de son soutien pour des accords commerciaux ou des promotions individuelles, selon des médias d'Etat.

Au moins 40 cadres ayant un rang égal ou supérieur à celui de vice-ministre ont fait l'objet d'une enquête et d'une disgrâce depuis le lancement de la vaste anticorruption initiée par Xi Jinping, arrivé au pouvoir fin 2012.

Parmi eux, M. Wang est le tout premier à avoir été jugé et condamné par la justice, ont assuré des médias chinois officiels.

Wang Suyi dirigeait au moment de son limogeage le "Front uni" du Parti communiste (PCC) en Mongolie intérieure -- un département supervisant les relations avec les groupes en-dehors du Parti.

Des maîtresses de M. Wang l'avaient accusé d'avoir touché jusqu'à 100 millions de pots-de-vin et d'avoir fait preuve de népotisme pour favoriser indûment 30 membres de sa famille, avait rapporté précédemment le quotidien hong-kongais South China Morning Post, citant un responsable d'un journal régional émanant du PCC.

Les autorités chinoises affirment que leur lutte contre la corruption n'épargne personne, du plus modeste fonctionnaire au plus haut cadre, soit "les mouches et les tigres", selon le vocable officiel.

Soucieuses de la réputation du PCC, elles ont par ailleurs récemment multiplié les exclusions et enquêtes sur des membres accusés d'"adultère" et de "mode de vie décadent", sans offrir de détails.

La corruption, source d'un vif mécontentement populaire, reste toutefois endémique en Chine et les experts doutent d'un assainissement sans réformes structurelles en profondeur.

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