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Avion écrasé de Malaysia Airlines : la faute à l'Ukraine, dit Vladimir Poutine

17/07/2014 06:24 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

Tandis que Moscou et Kiev se rejettent la responsabilité de l'écrasement de l'avion de la Malaysia Airlines en Ukraine, le président russe soutient que « la tragédie n'aurait pas eu lieu si la paix régnait dans ce pays, si les opérations militaires n'avaient pas repris dans le sud-est de l'Ukraine ».

« Il ne fait pas de doute que l'État sur le territoire duquel cela s'est passé porte la responsabilité de cette terrible tragédie », a affirmé Vladimir Poutine, selon l'agence de presse russe RIA Novosti.

L'armée ukrainienne a repris son opération contre les séparatistes prorusses dans l'est du pays le 1er juillet, après la levée du cessez-le-feu entre les deux parties.

L'Ukraine évoque quant à elle « un acte terroriste » de la part des rebelles. Le ministère de l'Intérieur ukrainien a été le premier à montrer du doigt les rebelles prorusses, mais ces derniers se sont empressés de nier toute responsabilité, rejetant la faute sur l'armée de l'air ukrainienne.

Le président Petro Porochenko estime que « ce n'est pas un incident, pas une catastrophe, mais un acte terroriste », a affirmé son porte-parole, Svatoslav Tsegolko.

Plus précis, un conseiller du ministre ukrainien de l'Intérieur, Anton Gerachtchenko, a affirmé que les rebelles avaient tiré un missile sol-air de type Buk sur l'avion malaisien à partir de la ville de Torez, à 10 km de l'endroit où l'on a retrouvé ses débris.

De son côté, le chef du gouvernement de la « République populaire » autoproclamée de Donetsk, Alexandre Borodaï, accuse directement Kiev. « C'est en effet un avion de ligne, abattu par l'armée de l'air ukrainienne », a-t-il déclaré à la chaîne russe Rossiya-24.

Les dirigeants de l'autre région séparatiste, la « République de Louhansk », ont quant à eux affirmé que l'appareil malaisien a été abattu par un avion de chasse ukrainien, lui-même abattu un peu plus tard par les rebelles.

Une autre thèse, citée par l'agence de presse russe Interfax, avance même qu'un missile sol-air aurait abattu l'appareil malaisien alors qu'il visait plutôt l'avion du président Vladimir Poutine, qui passait au-dessus de l'Ukraine à peu près au même que le vol de la Malaysie Airlines, à son retour d'un sommet au Brésil.

Aucune thèse n'est confirmée pour le moment.

Le premier ministre Stephen Harper, qui s'est dit « bouleversé et attristé », assure que « le Canada est prêt à fournir tout le soutien possible pour aider les autorités à déterminer la cause de l'écrasement ».

Enquête rapide demandée

Les dirigeants occidentaux exigent que lumière soit faite sur l'accident. Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra une réunion d'urgence vendredi matin à New York.

Dans une brève allocution, Barack Obama a déploré une « terrible tragédie ». Le président a offert l'aide des États-Unis pour déterminer ce qui s'est passé, et pourquoi. Des enquêteurs seront dépêchés sur les lieux de l'accident. En conversation téléphonique avec son homologue ukrainien Petro Porochenko, Barack Obama a demandé la sécurisation du site où l'avion s'est écrasé.

Le président français François Hollande a demandé que « tout soit mis en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances qui ont provoqué » la destruction du Boeing 777. Il a aussi fait part de son « immense émotion ».

« Nous attendons que tout soit mis en œuvre pour élucider le plus rapidement possible » les circonstances de cette catastrophe, a dit le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinemeier, appelant les séparatistes à laisser passer les services de secours et à une « enquête internationale indépendante ».

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, demande à « toutes les parties de la région » d'autoriser l'accès complet au site et de coopérer entièrement à l'enquête.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, demande la tenue d'une enquête internationale afin « d'établir les faits et que ceux qui peuvent être responsables soient rapidement traduits en justice ».

De son côté, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, dit être en contact avec l'Organisation internationale de l'aviation civile pour suivre les développements de cette affaire. Il plaide aussi en faveur d"une enquête internationale complète et transparente. 

Tristesse et condoléances

« Je suis profondément attristé par cette horrible nouvelle, a déclaré le roi des Pays-Bas Willem-Alexander, dans un communiqué. Nos pensées vont vers les familles, amis et collègues des victimes, tout comme vers ceux qui ne savent pas encore si un de leurs proches se trouvait à bord de l'appareil. » Plus de la moitié des victimes, soit 154 personnes, sont néerlandaises.

Les drapeaux de tous les bâtiments publics néerlandais seront en berne vendredi, et ce même dans les ambassades à travers le monde. « Je suis profondément choqué, a déclaré le premier ministre Mark Rutte, tout le monde aux Pays-Bas est en deuil. »

Le premier ministre malaisien Najib Razak s'est déclaré en « état de choc » en apprenant la nouvelle, quelques mois seulement après la disparition du vol 370 de Malaysia Airlines dans l'océan Indien. « Le monde est solidaire dans la douleur. C'est un jour tragique d'une année déjà placée sous le sceau de la tragédie pour la Malaisie. »

Vladimir Poutine a exprimé ses « profondes condoléances » au premier ministre de la Malaisie, indique un communiqué du Kremlin.

« Je suis choqué et attristé par l'écrasement de l'avion malaisien », a quant à lui déclaré le premier ministre britannique David Cameron sur son compte Twitter.