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Un eurodéputé polonais compare les chômeurs à des "nègres", la gauche indignée

16/07/2014 02:08 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Un eurodéputé polonais d'extrême droite a comparé mercredi devant le Parlement européen les jeunes chômeurs européens à des "nègres", suscitant l'indignation des élus de gauche.

Le monarchiste et ultralibéral Janusz Korwin-Mikke, 72 ans, a tenu ces propos - en anglais - dans l'hémicycle du parlement à Strasbourg, lors d'un débat consacré à l'emploi des jeunes où il entendait dénoncer le principe d'un salaire minimal.

Lorsqu'une telle mesure a été introduite aux Etats-Unis dans les années 1960, "quatre millions de personnes ont perdu leur emploi", a-t-il argumenté.

"C'était quatre millions de nègres, mais à présent nous avons 20 millions d'Européens qui sont les négros de l'Europe", a déclaré M. Korwin-Mikke.

"Oui, ils sont traités comme des nègres", a-t-il ajouté, avant de conclure qu'il fallait "détruire le salaire minimal et détruire le pouvoir des syndicats".

Dans un communiqué, les élus du groupe socialiste au Parlement européen (qui compte 191 députés) se sont indignés de cette "insulte raciste" et ont demandé au député polonais de présenter ses excuses, ou de démissionner.

De tels propos "constituent une insulte pas seulement pour ceux qui ont une couleur de peau différente, mais aussi pour tous ceux qu'inspirent les valeurs européennes de dignité et d'égalité", a commenté la socialiste italienne d'origine congolaise Cécile Kyenge, qui fut ministre dans le gouvernement d'Enrico Letta.

"Le comportement de M. Korwin-Mikke est un scandale politique et une honte pour ce Parlement. Je l'appelle à présenter des excuses, ou à abandonner son mandat", a renchéri le socialiste autrichien Jörg Leichtfried.

Durant la campagne pour les élections européennes, Janusz Korwin-Mikke avait déjà créé la polémique en estimant que "probablement, le Führer du IIIe Reich n'était pas au courant de l'extermination des Juifs".

Son parti, le Congrès de la nouvelle droite polonaise (KNP), clame vouloir "démanteler l'UE de l'intérieur" car elle représente selon lui "un projet communiste".

La présidente du Front national (FN) français, Marine Le Pen, qui a cherché en vain à former un groupe politique au Parlement européen avec d'autres formations d'extrême droite, avait renoncé en juin à s'associer au KNP. C'est "parce que nous avons des valeurs", avait-elle alors expliqué.

ab/mr

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