NOUVELLES

Tunisie: quatre soldats tués dans une attaque "terroriste", un assaillant abattu (nouveau bilan)

16/07/2014 09:57 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Quatre soldats tunisiens ont été tués et d'autres blessés mercredi dans une attaque "terroriste" sur le mont Chaambi, près de la frontière avec l'Algérie, où l'armée traque des jihadistes présumés, a annoncé le ministère de la Défense à l'AFP.

"Un nouveau bilan des affrontements avec les groupes terroristes fait état de quatre morts dans les rangs de l'armée nationale", a dit Rachid Bouhoula, chargé de la communication au ministère.

D'autres soldats, au nombre encore indéterminé, ont été blessés et un assaillant a été abattu, a ajouté le responsable.

Un précédent bilan faisait état de deux soldats tués.

"Les opérations d'évacuation des blessés et de traque des terroristes se poursuivent", a indiqué M. Bouhoula jeudi à l'aube.

Selon la télévision nationale, qui diffusait des chants à la gloire de l'armée, la recherche des victimes a été rendue difficile par le fait que l'attaque s'est produite à la tombée de la nuit.

Le ministère avait auparavant indiqué que deux attaques simultanées s'étaient produites à l'heure de la rupture du jeûne du ramadan.

"Deux groupes terroristes ont attaqué deux postes de surveillance de l'armée nationale à la mitrailleuse et aux RPG vers 19H40 (18H40 GMT)", avait dit M. Bouhoula à l'AFP.

Ces attaques interviennent presque un an jour pour jour après une embuscade tendue à des soldats, également pendant le ramadan, sur le mont Chaambi, où l'armée tunisienne traque depuis décembre 2012 un groupe armé qui serait lié à Al-Qaïda.

Huit soldats avaient été sauvagement tués -certains avaient été égorgés- le 29 juillet 2013 lors de cette attaque qui s'était produite quelques jours après l'assassinat du député de gauche Mohamed Brahmi à Tunis.

Ces violences avaient signé le début d'une crise politique de plusieurs mois, qui ne s'est apaisée qu'en janvier avec l'adoption d'une Constitution, trois ans après la révolution qui a renversé le régime autoritaire de Zine El Abidine Ben Ali, et le départ du gouvernement mené par les islamistes d'Ennadha, remplacé par une équipe de technocrates.

Le pays fait face depuis la révolution de 2011 à l'essor de groupes jihadistes.

Mi-juin, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué pour la première fois de récentes attaques en Tunisie, notamment un assaut contre le domicile du ministre de l'Intérieur qui avait fait quatre morts parmi les forces de l'ordre fin mai.

Depuis le début de l'année, le pouvoir se veut cependant rassurant, soulignant avoir obtenu des succès en tuant notamment certains des principaux suspects des assassinats en 2013 des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi et assurant avoir repris la main dans la lutte contre les groupes armés.

Les autorités reconnaissent toutefois que cette lutte va "prendre du temps".

Malgré des bombardements à répétition à Chaambi, déclaré "zone militaire fermée", les forces de l'ordre n'ont pas réussi à neutraliser le groupe qui a miné le massif montagneux pour ralentir l'avancée des troupes.

Une quarantaine de soldats, de policiers et de gendarmes ont été tués dans le pays dans des incidents impliquant des groupes armés depuis la chute du régime de Ben Ali en janvier 2011.

Début juillet, quatre soldats ont ainsi été tués dans l'explosion d'une mine lors d'une opération antiterroriste sur le Jebel Ouergha, dans la région du Kef dans le nord-ouest du pays.

iba/glr

PLUS:hp