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Tour de France - Tony Gallopin s'émancipe

16/07/2014 02:40 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Baigné dans le cyclisme depuis son enfance, Tony Gallopin a développé en toute discrétion un profil de coureur complet avant de se révéler au grand public sur le Tour de France avec un maillot jaune le 14 juillet et une victoire d'étape mercredi.

"La famille Gallopin, ça fait 50 ans qu'on est dans le vélo. Il y a du Gallopin partout le dimanche, que ce soit en cadets ou s'il y a une course à côté de chez moi, j'y vais. On est des passionnés de vélo", raconte Alain Gallopin.

La course à la mode aujourd'hui chez les Gallopin, c'est le Tour de France où le petit dernier, Tony, fait retentir son nom.

Le plus connu était jusqu'à présent son oncle Alain, ancien coureur, ancien masseur de Laurent Fignon devenu directeur sportif (Astana, RadioShack, Trek...) qui est son plus proche conseiller depuis ses débuts.

Tony et son père Joël étaient venus le trouver en 2006 quand le neveu avait été retenu en équipe de France pour les Championnats d'Europe et du monde juniors. Les conseils, et le talent, ont porté leurs fruits puisque Tony y avait été médaillé d'argent du contre-la-montre continental, puis médaillé de bronze au chrono et la course en ligne des mondiaux.

Depuis, le coureur de Dourdan (26 ans) a patiemment gravi les échelons dans un certain anonymat. Sa victoire la plus prestigieuse jusqu'à présent, à la Clasica San Sebastian l'été dernier quelques jours après que soit retombé le retentissement médiatique du Tour, était passée inaperçue.

- "L'instinct du gagneur" -

Mais son talent était connu de longue date dans le milieu. Certaines grandes écuries européennes lui ont fait les yeux doux. Après Auber 93 et Cofidis, il a refusé des offres lucratives pour rejoindre en 2012 son oncle chez RadioShack, devenue Trek. Cette année, il a finalement gagné la solide formation belge Lotto où il s'épanouit.

"Il prend son indépendance. Il n'a aucune raison de rester avec +tonton+. Et ce n'est pas moi qui lui ai dit d'attaquer dans la descente aujourd'hui (mercredi)", sourit Alain Gallopin.

"Il est intelligent, il commence à bien mûrir. Avec lui, on a pris le temps. Il n'a plus besoin de moi pour s'exprimer, c'est lui qui s'exprime maintenant. Il a l'instinct du gagneur. En minimes, c'est vrai qu'il était un peu rond. Mais la dernière course qu'il a courue cette année-là, à Rungis, il a levé les bras. C'était la première fois qu'il terminait dans le peloton".

"Il est encore en train de se développer", estime son directeur sportif chez Lotto, Marc Sergeant. Il a beaucoup maigri pour le Dauphiné et le Tour et on voit clairement qu'il monte beaucoup mieux qu'avant. Il a compris qu'il faut être maigre pour gagner des courses comme ça".

Réputé coureur intelligent et généreux dans l'effort, il s'est acquitté à merveille sur le Tour -son quatrième- de son rôle d'équipier. Il a fait la course en tête sur les pavés pour Jurgen van den Broeck, travaillé dans le train de sprint d'Andre Greipel, ce qui ne l'a pas empêché de rafler une 5e place à Sheffield et une 3e place à Nancy, avant de s'offrir un 14 juillet en jaune au terme d'une longue échappée puis une victoire d'étape impressionnante d'abnégation mercredi.

Son potentiel, dans un registre de puncheur, devient de plus en plus complet. "Il peut être champion du monde, estime son oncle. Mais j'aimerais bien qu'un jour, il fasse le classement général du Tour.".

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