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Nawell Madani au Festival Juste pour rire : bombe d'énergie sur fond de hip-hop (CRITIQUE)

16/07/2014 04:54 EDT | Actualisé 17/07/2014 11:29 EDT
Courtoisie Juste pour rire

On souffle un peu partout le nom de Nawell Madani dans les coulisses de la Place des Arts depuis la semaine dernière.

Et pour cause. Avec son spectacle C’est moi la plus belge, qu’elle présente tous les soirs à la Salle Claude-Léveillée, l’humoriste de 30 ans, étoile montante et déjà très brillante en Europe, s’impose déjà comme l’une des sensations du 32e Festival Juste pour rire.

Belle comme un cœur, drôle, attachante, mordante et, en prime, excellente danseuse hip-hop, Madani a tout pour séduire ses cousins Québécois. Souhaitons-nous qu’elle inclue à nouveau Montréal dans son itinéraire de tournée dans les prochaines années.

Dans C’est moi la plus belge, Nawell Madani raconte son parcours de vie. Comment elle a traversé son adolescence de garçon manqué, comment elle a quitté sa famille pour se lancer dans une carrière d’artiste, comment elle a fait son chemin dans la danse, puis dans la comédie, comment elle s’est taillé une place dans ce monde, quoi. Et, ce faisant, elle s’amuse de différents trucs, entrecoupe son récit de réflexions épicées sur les selfies, sur la vie de couple, sur les hommes.

Jusque-là, rien d’extraordinaire. Mais, dès que cette menue, mais puissante, bombe d’énergie s’amène devant le public, on comprend. On comprend pourquoi la France, la Suisse et la Belgique se l’arrachent, pourquoi Jamel Debbouze lui a donné sa chance au Jamel Comedy Club, pourquoi ses vidéos comiques ont circulé aussi abondamment sur la toile. On devine qu’ici aussi, Nawell a le potentiel de marquer les esprits et toucher les cœurs. Et c’est sans compter ses chorégraphies de hip-hop qu’elle insère à quelques reprises dans sa prestation, qui nous donnent envie de nous lever et nous trémousser à ses côtés. Une grâce et un charme fous, qu’on vous dit.

FBI, virginité et Mylène Farmer

Audacieuse et pleine de cran, baveuse ici, attendrissante là, toujours expressive, Nawell a de la répartie et improvise sans cesse avec son parterre. Elle taquine les spectateurs avec son air faussement sérieux, sa tronche craquante qui semble dire «je me fous de tout, je vous emmerde». Elle peut par exemple titiller une dame au sujet de sa dentition et interpeller un homme sur le fait qu’il habite le quartier Jean-Talon (car elle a pris ses références sur Montréal!) Elle imite Mylène Farmer d’une voix de fausset en affirmant que cette dernière «a l’air d’être en hypoglycémie. On a le goût de lui jeter un sucre.» Elle s’exerce à être maman avec une poupée à la peau noire («Quoi? Ce sont les moins chères en magasin!»). Le «bébé» finira par subir un sale quart d’heure lorsque sa mère de fortune se lancera dans une danse endiablée.

Elle personnifie autant un agent du FBI en conversation avec Al Qaïda que les membres de son propre clan, en n’oubliant pas de rendre hommage à son chien bisexuel. «Merci pour la formation. Je quitte l’aventure», a-t-elle annoncé à ses parents en franchissant le seuil du domicile qui l’a vu grandir, une phrase qui donne un bon indice de sa désinvolture. Elle parle des terribles préjugés des Arabes… envers les Arabes, et écrit une lettre à sa virginité perdue. «Toutes les filles bien font ça…», justifie-t-elle. Virginité que son père aurait voulu la voir perdre avec un médecin, un avocat, un chevalier ou Indiana Jones. «Un Indiana Jones musulman», précise Nawell.

Bref, C’est moi la plus belge, c’est du stand-up sur tout et rien, c’est le charisme sensationnel d’une fille bougrement intelligente, promise à un avenir de superstar. On veut la revoir chez nous, absolument!

Nawell Madani présente encore C’est moi la plus belge à la Salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, mercredi le 16 et jeudi le 17 juillet, à 22h. Hahaha.com pour les détails.

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