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La banque des Brics saluée comme une alternative par l'Amérique du sud

16/07/2014 05:59 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Les chefs d'Etat d'Amérique du sud ont salué mercredi la banque créée par les Brics comme une alternative au capitalisme sauvage et aux institutions internationales, lors d'une rencontre avec les dirigeants des puissances émergentes.

La présidente brésilienne Dilma Roussef et ses partenaires de Russie, d'Inde, de Chine et d'Afrique du sud ont reçu à Brasilia un accueil enthousiaste pour ce nouvel organisme financier, fondé la veille durant leur sommet à Fortaleza (nord-est) et érigé en contrepoids à la Banque mondiale ou au Fonds monétaire international (FMI).

La situation de l'Argentine, condamnée par la justice américaine à rembourser 1,3 milliards de dollars à des "fonds vautours" a sucité un élan de solidarité lors de cette réunion.

La présidente argentine Cristina Kirchner a fustigé un "pillage financier international", accusant les institutions multilatérales basées à Washington de "compliquer la vie des peuples au lieu d'apporter des solutions".

Ses alliés de la gauche radicale sud-américaine lui ont aussitôt emboîté le pas.

Doté d'un capital de 50 milliards de dollars, la banque des Brics, accompagnée d'un fonds de réserves d'urgence de 100 milliards pour répondre aux crises montétaires, constitue "une grande nouvelle pour toute l'Amérique du Sud", a lancé le président vénézuélien, Nicolas Maduro, toujours en croisade contre "le capital spéculatif".

- "la fin des politiques néocoloniales" -

"Je suis sûr que la banque de développement va permettre à l'avenir la fin des politiques néolibérales et néocoloniales", a renchéri son homologue bolivien Evo Morales.

Même le chef d'Etat colombien, Juan Manuel Santos, dirigeant de centre droit d'un partenaire traditionnel des Etats-Unis dans la région, a pointé la "situation irrationnelle et insolite" vécue par l'Argentine, menacée par un défaut de paiement.

L'ensemble des dirigeants sud-américains "ont apporté un grand soutien à la banque des Brics", a glissé un haut responsable brésilien. "Beaucoup ont mentionné l'Argentine" et exprimé leur "crainte de voir compromise la renégociation de la dette des autres pays à l'avenir", a-t-il ajouté.

Hôte de cette rencontre totalement inédite avec les Brics, Mme Rousseff a toutefois effectué une mise au point sur les objectifs et le champ d'action de leur nouvelle banque.

Le but n'est pas de "nous éloigner du FMI", a-t-elle souligné, à l'issue d'un entretien bilatéral avec le Premier ministre indien, Narendra Modi. "Au contraire, nous avons intérêt à le démocratiser, à le rendre le plus représentatif possible", a ajouté la présidente brésilienne.

Lors du sommet des Brics, le président chinois Xi Jinping avait également appelé à accroître "la représentativité et la voix des pays en développement", se faisant l'écho du malaise face à la lenteur de la réforme du FMI censée leur accorder davantage de droit de vote.

- "alternative attendue depuis longtemps" -

L'agence de presse officielle chinoise Xinhua a souligné mercredi que la nouvelle banque, basée à Shanghai avec un président indien, offrait une "alternative attendue depuis longtemps et utile aux institutions financières mondiales dominées par l'Occident".

Le rendez-vous de Brasilia illustre aussi l'intérêt que représente pour les émergents l'Amérique latine, à la fois riche en matières premières et où le besoin d'infrastructures se fait fortement sentir.

Dans un entretien à l'agence Prensa Latina, le président russe Vladimir Poutine, satisfait d'avoir rompu son isolement diplomatique provoqué par la crise ukrainienne, a réaffirmé son intérêt de "créer des alliances pleines" avec la région.

La Russie envisage notamment de participer à un projet de construction d'une centrale nucléaire civile en Argentine. Des rumeurs font aussi état d'une possible participation du géant gazier russe Gazprom avec Wintershall, filiale du groupe chimique allemand BASF en Argentine.

En tournée latino-américaine pour la seconde fois, le président chinois Xi Jiping poursuit également son opération de séduction sur ce continent où Pékin a consacré près du cinquième de ses investissements étrangers l'an dernier.

La Chine, devenue le deuxième partenaire commercial de nombreux pays de la région, organise jeudi à Brasilia un forum spécial avec la Celac (Communauté d'Etats d'Amérique latine et des Caraïbes).

pz/pal/glr

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