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Indonésie/présidentielle: deux instituts donnant Prabowo vainqueur censurés

16/07/2014 07:19 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Deux instituts de sondage qui avaient annoncé la victoire de l'ex-général Prabowo Subianto à l'élection présidentielle très disputée le 9 juillet en Indonésie ont été censurés après avoir refusé un audit, a indiqué mercredi l'association des principaux sondeurs du pays.

L'annonce des estimations après la clôture du scrutin avait déclenché une vive controverse, les deux candidats, Prabowo Subianto, et le gouverneur de Jakarta, Joko Widodo, se déclarant vainqueurs en s'appuyant sur des données fournies par différents instituts, basées sur des échantillons de bulletins de vote.

Depuis, les accusations de tricherie de part et d'autre se multiplient, alors que le décompte se poursuit et que les résultats officiels de ce scrutin, le plus crucial depuis la chute du dictateur Suharto en 1998, seront annoncés seulement le 22 juillet.

Cette association de sondeurs a donc décidé de convoquer ses neuf membres afin de procéder dans l'immédiat à un audit pour vérifier la fiabilité des estimations rendues publiques.

Mais les deux instituts ayant annoncé la victoire de Prabowo, Puskaptis et JSI, ont décliné: "s'ils refusent, c'est qu'ils ont quelque chose à cacher", a déclaré Hamdi Muluk, membre du conseil d'éthique de l'association respectée dans la troisième démocratie du monde.

"Puskaptis et JSI ont violé les codes de l'éthique et sont expulsés de l'association", a déclaré un autre responsable, Hari Wijayanto.

En revanche, les sept instituts qui avaient annoncé la victoire de Joko Widodo, surnommé Jokowi, avec près de 53% des suffrages, contre un peu plus de 47% pour son rival, ont accepté de se soumettre à un audit, selon l'association.

Prabowo, un ancien général controversé, avait refusé de concéder la défaite.

Jamais un scrutin n'a été aussi disputé dans la jeune démocratie indonésienne. Jokowi, issu d'un milieu modeste et très populaire, entend poursuivre les réformes démocratiques, tandis que Prabowo, un nationaliste venant de l'élite politico-militaire et ex-gendre de Suharto, fait craindre un retour à l'autoritarisme, selon des observateurs.

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