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Guantanamo: un infirmier refuse de nourrir les détenus de force (Pentagone)

16/07/2014 03:32 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Un infirmier de la Marine américaine refuse de nourrir de force les détenus de Guantanamo encore en grève de la faim, la première fois qu'un personnel médical rejette ouvertement cette pratique, a indiqué le Pentagone mercredi.

L'infirmier, dont le nom n'a pas été dévoilé, "ne voulait pas participer au processus d'alimentation interne" par sondes naso-gastriques des grévistes de la faim sur la base navale de Guantanamo à Cuba et "il a été depuis assigné à d'autres tâches", a déclaré le porte-parole du Pentagone Steven Warren aux journalistes.

Interrogé sur d'éventuelles sanctions, le colonel Warren a répondu que la situation de l'infirmier était en cours d'examen. "Cette affaire sera gérée par sa hiérarchie militaire", a-t-il ajouté.

Des responsables du Pentagone ont indiqué qu'un autre officier du personnel médical de Guantanamo avait déjà refusé de participer à une procédure dont la nature n'a pas été précisée, mais qui ne concerne pas l'alimentation forcée.

Cori Crider, une avocate de l'organisation britannique Reprieve qui défend nombre de détenus de Guantanamo, a rendu hommage à cet infirmier, soulignant que c'était une première. "C'est une position historique de cet infirmier, qui reconnaît l'humanité fondamentale de ces détenus et l'inhumanité de ce qu'on lui demande de faire", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"Il doit être salué", a estimé Lori Crider, qui a appris le refus de l'infirmier lors d'un coup de fil avec l'un de ses clients, le Syrien Abou Dhiab. Celui-ci a demandé à la justice fédérale de lui épargner cette pratique invasive d'alimentation par sondes qu'il assimile à de la torture.

Depuis une grève de la faim sans précédent, qui a touché un nombre record de détenus de Guantanamo pendant plus de six mois en 2013, les autorités militaires refusent de donner le nombre de protestataires qu'elles continuent à nourrir de force.

Il reste 149 détenus à Guantanamo, enfermés pour la plupart depuis plus de 12 ans sans inculpation ni procès, alors que Barack Obama promet de fermer la prison depuis qu'il est président.

Sur les 779 hommes passés par ses geôles, huit ont été reconnus coupables, mais la condamnation de deux d'entre eux a été renversée en appel.

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