NOUVELLES

Une rame de métro déraille à Moscou: au moins 21 morts

15/07/2014 11:52 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Le déraillement d'une rame du métro de Moscou a provoqué la mort d'au moins 21 personnes et fait plus d'une centaine de blessés mardi, l'accident le plus grave ayant jamais touché ce métro, l'un des plus fréquentés du monde.

"A l'heure actuelle, 21 personnes ont été tuées. Douze ont été extraits des wagons alors qu'ils étaient déjà morts, sept sont décédés dans le hall de la station de métro et deux autres, une femme et un homme, sont morts à l'hôpital", a déclaré la ministre de la Santé Veronika Skvortsova, citée par les agences russes.

Elle a ajouté que 126 personnes avaient été hospitalisées.

Un porte-parole du ministère de la Santé avait auparavant indiqué que parmi eux une quarantaine se trouvait dans un état grave.

Selon le directeur du département de la Santé de Moscou, Gueorgui Goloukhov, deux étrangers ont trouvé la mort dans la catastrophe - un Tadjik et un Chinois.

Le président Vladimir Poutine a présenté ses condoléances aux familles et aux proches des victimes, a rapporté son porte-parole Dmitri Peskov, cité par les agences russes.

L'homme fort du Kremlin, actuellement en visite au Brésil, a ordonné par ailleurs l'ouverture d'une enquête criminelle.

"Un événement tragique s'est produit dans le métro. Un accident a eu lieu, des gens ont été tués", a de son côté réagi le Premier ministre russe Dmitri Medvedev.

Le maire de Moscou Sergueï Sobianine, qui s'est rendu sur place, a décrété un jour de deuil mercredi.

L'incident, qui a vu trois wagons sortir des rails, s'est produit sur la "ligne bleue" du métro de Moscou vers 08H30 (04H30 GMT) entre les stations Park Pobedy (Parc de la Victoire), la station la plus profonde du métro moscovite ouverte en 2003, et Slavianski boulevard, inaugurée en 2008.

Des images diffusées à la télévision russe ont montré des secouristes évacuant de nombreux blessés ensanglantés sur des brancards.

D'autres montraient des passagers encore bloqués à l'intérieur des wagons. Une épaisse fumée était alors visible.

Autour des stations touchées par l'accident, des dizaines d'ambulances et des hélicoptères étaient sur place pour transporter les blessés vers l'hôpital.

- "J'ai cru que c'était la fin" -

Selon les témoignages des victimes, le déraillement s'est produit après un brusque coup de frein du train.

"Le train a freiné brusquement. Il y a eu des étincelles et beaucoup de fumée. J'ai été projeté contre quelque chose. Tout le monde a été projeté d'un côté", a raconté un des passagers, le nez couvert de sang, à la chaîne Moscou 24.

"Nous étions bloqués. Et je suis sorti de là par miracle. J'ai cru que c'était la fin", a-t-il ajouté.

Plusieurs passagers ont raconté être parvenus à sortir par eux-mêmes des voitures du métro.

"C'était la panique. On a grimpé pour sortir de la voiture mais on a été bloqué. Des hommes ont pris des marteaux, ont détruit ce qui nous barrait la route et on est sorti. Il y avait des ouvriers sur place, ils nous ont conduits vers la sortie", a indiqué une autre victime au site d'informations populaires LifeNews.

Ouvert en 1935 sous Staline, le métro de Moscou dont de nombreuses stations sont des joyaux architecturaux, revendique aujourd'hui l'un des flux de passagers les plus élevés au monde.

Renommé pour son efficacité et sa ponctualité, il connaît peu d'incidents techniques de grande envergure.

En 2010, il été la cible d'un double attentat qui a fait 40 morts.

"Ce qui s'est passé est l'un des plus graves accidents de l'histoire récente", a déclaré M. Sobianine.

Une enquête criminelle pour violation des normes de sécurité a été ouverte.

Lorsque l'enquête aura révélé les causes de l'accident, "ceux qui sont coupables de cette tragédie devront s'attendre non seulement à être renvoyés, mais aussi à des poursuites", a ajouté le maire.

Selon Alexeï Khazbiev, expert des transports, le métro a été construit pour transporter "3-4 millions, maximum six millions de personnes par jour".

Or aujourd'hui, plus de neuf millions de personnes" l'empruntent chaque jour, et "les vieilles technologies ne sont plus adaptées", estime-t-il.

ma-lap/nm/bir

PLUS:hp