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UE: Jean-Claude Juncker défend son programme devant le Parlement

15/07/2014 06:08 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Jean-Claude Juncker, président désigné de la Commission européenne, a tenté mardi de convaincre les eurodéputés avant un vote crucial, en plaidant pour un plan d'investissements de 300 milliards d'euros et une Europe plus sociale.

Le vote, qui s'annonce assez serré, ouvrira le bal des nominations avec la désignation attendue mercredi par les dirigeants européens du vice-président chargé de la politique extérieure.

L'ancien Premier ministre chrétien-démocrate luxembourgeois doit obtenir la majorité absolue, soit 376 voix sur 751 députés. Il compte sur les 480 voix du bloc formé par les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) et les socialistes, renforcé par les Libéraux et centristes.

Mais de nombreuses défections sont attendues. Au moins une soixantaine d'élus des trois groupes voteront contre ou s'abstiendront, selon des décomptes officieux.

Le candidat a tenté de convaincre les indécis avec un discours plein de promesses. "Nous devons répondre aux angoisses, aux peurs et aux espoirs des citoyens européens par le rêve", a-t-il lancé.

Il a ensuite annoncé son intention de demander un plan d'investissements de 300 milliards d'euros sur les trois prochaines années pour lutter contre le chômage.

Il a affirmé que "le social doit être aussi au coeur de l'action européenne", promettant de "lutter contre la fraude fiscale, l'évasion fiscale, le dumping social". Il a assuré qu'il allait "modifier le processus d'autorisation de culture des OGM" et qu'il n'accepterait pas un accord de libre échange avec les Etats-Unis conclu "à n'importe quel prix".

Ce catalogue d'engagements clairement adressés aux élus socialistes, libéraux et Verts dont l'indécision menace son élection, a été plutôt bien reçu, une longue salve d'applaudissements saluant sa conclusion.

M. Juncker espère faire mieux que le social-démocrate allemand Martin Schulz, réélu début juillet président du Parlement européen avec 409 voix.

- "Pas de chèque en blanc" -

"Nous ne vous donnons pas un chèque en blanc, a toutefois averti le président du groupe socialiste, Gianni Pittella. "Vous serez probablement élu, et nous vous souhaitons bon vent, mais nous ne voterons pas pour vous aujourd'hui", lui a lancé le conservateur britannique Syed Kamall.

"C'est difficile pour une partie du Parlement, mais en votant pour élire le président de la Commission européenne, nous établissons une vraie démocratie européenne", a insisté le patron des Libéraux, Guy Verhofstadt. "Vous vous mettez du coté des anti-européens", a-t-il prévenu les élus tentés par un vote contre.

Les libéraux, incontournables pour la constitution d'une majorité au Parlement, réclament "une représentation dans toutes les institutions", et exigent que l'exécutif bruxellois compte "pas moins de neuf postes de commissaire pour des femmes", comme dans la Commission sortante.

Les exigences des libéraux renvoient au grand marchandage engagé entre les capitales pour les deux derniers grands postes à pourvoir, chef de la diplomatie européenne et président du Conseil, et pour l'obtention de portefeuilles de poids au sein de l'exécutif.

Les socialistes revendiquent le poste de président du Conseil, actuellement occupée par le chrétien-démocrate belge Herman Van Rompuy, mais ils ne sont pas parvenus à s'entendre sur un candidat. Ils pourraient se satisfaire du poste de chef de la diplomatie, avec en complément le portefeuille de l'Economie, brigué par l'ancien ministre socialiste français Pierre Moscovici.

La présidence du Conseil pourrait alors revenir à la droite du PPE ou aux libéraux. En cas de blocage, les chefs d'Etat et de gouvernement pourraient choisir de renvoyer cette décision à un nouveau sommet en septembre ou en octobre.

Le sommet de mercredi soir à Bruxelles ne déboucherait que sur la nomination du successeur de la Britannique Catherine Ashton à la tête du service diplomatique. Le poste devrait revenir à une femme. La jeune chef de la diplomatie italienne, la social-démocrate Federica Mogherini, tient la corde, mais la Bulgare Kristalina Georgieva, proche du PPE et actuelle commissaire à l'Action humanitaire, brigue également la fonction.

csg/jlb/abk

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