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Les "technos" et les "robots" peuvent sauver le Japon promet le PDG de SoftBank

15/07/2014 06:43 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Le Japon, un pays en déclin ? Non ! Le charismatique patron du groupe de télécommunications SoftBank jure que l'archipel se redressera, mais pas à la force du poignet, grâce aux technologies.

"Le Japon où je suis né, où j'ai grandi est un pays fantastique. Mais beaucoup de Japonais, particulièrement dans le monde des affaires, ont perdu confiance", s'est attristé mardi le milliardaire d'origine coréenne Masayoshi Son lors d'une conférence devant un parterre d'hommes d'affaires et de férus de technologies.

"Pendant 20-30 ans, le Japon s'est enfoncé, il est passé de la deuxième à la troisième place dans le classement des puissances économiques mondiales et va se faire dépasser par d'autres nations", a rappelé M. Son avant de jurer ses grands dieux qu'il ne faut pas baisser les bras.

"Il y a des solutions", a insisté ce patron qui ose tenter des coups et prendre d'importants risques financiers.

"Je pense que le Japon doit et va absolument se redresser. Pour cela il faut sauver la capacité productive et la main-d'oeuvre, car c'est par la multiplication de ces deux éléments que se trouve la compétitivité".

La clef, c'est selon lui le "big bang" de l'information, la capacité phénoménale et croissante des puces, des mémoires et la rapidité des réseaux.

"Dans ce contexte, la façon de travailler doit changer radicalement", insiste M. Son, soulignant que 100% des salariés SoftBank ont "un smartphone, une tablette et un accès à un service d'information en nuage (cloud) offert par la maison". "Combien parmi vous peuvent en dire autant ? 1%, 2%, 5%, dans le meilleur des cas. C'est mauvais, il faut que ça bouge, c'est la clef fondamentale pour doper la compétitivité".

"Regardez dans l'histoire du Japon: c'est l'adoption rapide des techniques de pointe qui a permis de gagner", a-t-il dit en citant l'exemple de chefs de guerre de l'époque Edo.

Et c'est selon lui, grâce à ces nouveaux outils, qu'entre 2009 et 2014, SoftBank est parvenu à plus que doubler la productivité de chacun de ses salariés.

"Nous sommes dans le monde des données massives (big data). Dans six ans, 50 milliards d'objets accèderont à internet", prédit encore le milliardaire.

- 100 millions d'ouvriers -

Et pour la baisse de la main-d'oeuvre due au vieillissement de la population et à la dénatalité ?

"Je vais donner une solution: 80 à 99% d'entre vous vont rire, mais si même seulement 1% y croyait je serais heureux, ce serait un succès. Allez, j'ose ! Je le dis ! Pour relever la compétitivité du Japon, il faut... des robots! Oui, mesdames messieurs, des robots".

Le Japon est un grand pays de manufacture, mais handicapé par une main-d'oeuvre onéreuse et en diminution, d'où une désindustrialisation.

Quand M. Son parle de robots, il ne s'agit pas seulement de bras manipulateurs, dont le Japon est déjà le champion, mais de créatures plus intelligentes, connectées en réseau avec des pairs et capables d'enrichir mutuellement leurs connaissances.

"Vient le moment où nous allons cohabiter et cotravailler avec des robots", prévient M. Son.

"Si le Japon employait 30 millions de robots en remplacement de personnes dans des entreprises manufacturières, cela équivaudrait à 100 millions d'ouvriers: pourquoi, parce que l'homme peut oeuvrer huit heures d'affilée seulement, mais le robot, lui, trime 24H/24, dimanches et jours fériés compris", CQFD.

Et selon les calculs de M. Son, si la main-d'oeuvre manufacturière nippone atteignait 100 millions de personnes, dix fois plus qu'actuellement, elle serait la première au monde, devant celle des Etats-Unis (70 millions). Mieux, elle serait la moins chère de la planète, Chine et Inde battues.

Et voilà la recette du PDG de SoftBank pour résoudre le problème économique du Japon.

Bilan, "le Japon peut montrer au reste du monde qu'il peut repartir, émerger sur la scène internationale, car, non, ce n'est pas un pays en train de sombrer".

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