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Le président nigérian critique les militants du mouvement "Ramenez nous nos filles"

15/07/2014 03:52 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

La présidence du Nigeria a vivement critiqué mardi les militants du mouvement Bring Back Our Girls (Ramenez nous nos filles), déclarant qu'ils pouvaient "avoir honte" d'avoir annulé une rencontre entre le président Goodluck Jonathan et des proches des jeunes filles enlevées par le groupe islamiste armé Boko Haram.

Le président Jonathan devait rencontrer des parents de jeunes filles enlevées par Boko Haram et cinq filles qui avaient réussi à s'échapper des griffes de leurs ravisseurs après leur attaque dans le village reculé de Chibok, dans le nord-est du Nigeria.

Le 14 avril, plus de 200 jeunes filles ont été enlevées dans leur lycée, dans le nord-est du Nigeria par Boko Haram qui a menacé d'en faire des "esclaves" et de les convertir de force à l'islam, suscitant un tollé dans le monde entier.

Sur les 276 lycéennes enlevées par Boko Haram, 57 ont réussi à prendre la fuite peu après leur enlèvement, mais 219 sont toujours détenues.

Dans un communiqué publié mardi, la présidence a accusé les militants du mouvement "Ramenez nous nos filles" - qui luttent pour organiser des marches de protestation et mènent campagne dans les médias pour obtenir la libération des jeunes filles enlevées - de se servir du sort de ces otages "pour faire de la politique".

Des alliés du président Jonathan ont affirmé que le mouvement "Ramenez nous nos filles" travaillait avec des opposants du chef de l'Etat et exploitait cet enlèvement sans précédent pour mettre le gouvernement dans l'embarras.

Les autorités nigérianes ont mis du temps à lancer une opération de secours, et l'armée avait même annoncé, quelques jours après l'enlèvement, que la quasi-totalité des filles avaient réussi à échapper aux islamistes, une annonce qu'elle avait dû démentir par la suite.

M. Jonathan, qui avait planifié un voyage à Chibok en mai, l'avait annulé à la dernière minute, et depuis, il n'a pas communiqué sur une quelconque rencontre avec les familles des victimes de cet enlèvement qui a choqué la communauté internationale.

"Malgré le jeu honteux et écoeurant joué par la branche nigériane de "Ramenez nous nos filles", et en tant que père de filles, je suis prêt à rencontrer des parents d'enfants enlevés", écrit M. Jonathan dans un communiqué.

La campagne "Ramenez nous nos filles" a eu le soutien de nombreuses personnalités internationales, dont celui de la première dame des Etats-Unis, Michelle Obama et l'actrice Angelina Jolie.

Selon la responsable de ce mouvement, Hadiza Bala Usman, les militants n'ont pas annulé le rendez-vous avec le président Jonathan, mais ont simplement demandé une nouvelle date pour que davantage de parents de jeunes filles enlevées puissent participer à la rencontre avec le président.

Les membres du mouvement "ont demandé que la rencontre avec le président soit reportée à la semaine suivante pour permettre une plus grande participation (de parents)", a déclaré cette responsable à l'AFP.

La rencontre, qui devait avoir lieu, a été organisée à la suite de la demande faite par la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, en visite au Nigeria.

Malala qui milite pour l'éducation des filles dans le monde après avoir échappé à une tentative d'assassinat des talibans, a demandé lundi au président Jonathan de rencontrer les parents des lycéennes enlevées par Boko Haram.

La lauréate du prix Sakharov pour les droits de l'homme s'est entretenue avec M. Jonathan à Abuja le jour de son 17eme anniversaire, trois mois exactement après l'enlèvement des 276 jeunes filles dans leur lycée de Chibok.

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