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Kiev tente un dialogue avec les séparatistes sur fond de craintes d'invasion russe

15/07/2014 05:49 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Les autorités ukrainiennes se préparaient mardi à une première visio-conférence avec les séparatistes prorusses encouragée par les Européens sur fond d'une nette aggravation de tensions dans l'Est rebelle et de nouvelles craintes d'une invasion russe.

Sur le terrain, la situation était relativement calme à Donetsk, chef-lieu de la région contrôlée par les séparatistes, mais des témoins ont indiqué à l'AFP avoir vu des renforts séparatistes se diriger vers Lougansk, une autre place forte des insurgés, épicentre d'intenses combats ces derniers jours, avec notamment quatre chars et huit transports d'infanterie blindés.

Les combats et bombardements aux abords de Lougansk, une ville de près de 500.000 habitants ont fait au total au cours des dernières 24 heures douze morts dont un enfant de trois ans, et plus de 60 blessés parmi la population civile, selon le service de presse de la "République populaire de Lougansk" autoproclamée.

La mairie de Lougansk a décrété mardi trois jours de deuil après "la mort en trois jours de 17 civils".

L'armée ukrainienne a indiqué avoir perdu six hommes en 24 heures dont deux tués par une salve de roquettes multiples Grad tirée par les rebelles près d'Amvrossiïvka, localité à 70 km à l'est de Donetsk.

Quatre civils ont été tués à Snijné, à 60 km à l'est de Donetsk dans une maison détruite par une frappe aérienne attribuée par Moscou aux forces ukrainiennes. Kiev a démenti son implication en dénonçant "une provocation cynique et sanglante", sans en indiquer les auteurs.

Face à l'escalade, les Européens ont multiplié les efforts diplomatiques pour organiser une nouvelle ronde de discussions entre un groupe de contact (Ukraine, Russie, OSCE) et les rebelles après les deux premières tenues fin juin à Donetsk et qui s'étaient soldées par un échec.

Dans un entretien téléphonique lundi soir, le président ukrainien Petro Porochenko et la chancelière allemande Angela Merkel se sont dits confiants dans l'organisation mardi de tels échanges "via une visio-conférence".

Interrogée par l'AFP dans la matinée, la présidence ukrainienne n'était pas en mesure de préciser l'heure et les participants à ces discussions.

- Menace d'une "agression russe d'envergure" -

Cependant, la tension s'est à nouveau aggravée en Ukraine, Kiev soupçonnant Moscou d'avoir abattu lundi un de ses avions de transport militaire en zone séparatiste avec un missile "probablement" en provenance de Russie.

Moscou n'a jusqu'à présent pas réagi à ces accusations.

L'incident est survenu peu après une avancée des forces de Kiev près de Lougansk et le déblocage de son aéroport, au prix d'intenses combats.

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a affirmé lundi que Berlin, Kiev, Moscou et Paris oeuvraient à un dialogue entre le groupe de contact pour l'Ukraine et les séparatistes afin d'aller vers un cessez-le-feu.

Le dialogue est toutefois devenu encore plus difficile après un incident frontalier dimanche entre l'Ukraine et la Russie. Accusant les forces de Kiev d'être à l'origine d'un tir d'obus qui a fait un mort du côté russe de la frontière, Moscou a évoqué une "escalade extrêmement dangereuse" et menacé l'Ukraine de "conséquences irréversibles".

Selon une source proche du Kremlin citée par le quotidien russe Kommersant, la Russie étudierait la possibilité de "frappes ciblées" sur le territoire ukrainien.

Le numéro deux du Conseil de sécurité nationale et de défense et ex-ministre ukrainien de la Défense, Mikhaïlo Koval, a estimé lundi soir que l'Ukraine était "plus proche que jamais d'une agression d'envergure" de la part de la Russie.

Selon lui, les troupes russes sont massées tout le long de de la frontière, de Tcherniguiv (nord) à Novoazovsk (sud-est) avec "22.000 militiares russes en Crimée", péninsule ukrainienne annexée en mars par la Russie.

L'Otan a aussi dénoncé lundi le "renforcement" des forces russes à la frontière avec l'Ukraine, qui constitue un "pas en arrière dans la désescalade".

Selon l'Alliance, il y a aujourd'hui "entre 10.000 et 12.000 membres des forces russes dans cette zone", contre 40.000 au plus fort de leur déploiement en mai. "Le nombre était redescendu en dessous de 1.000 à la mi-juin, mais depuis les Russes ont de nouveau renforcé leur présence le long de la frontière".

so-neo/via/jh

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