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Japon/nucléaire: deux 1ers réacteurs jugés sûrs, étape cruciale vers un redémarrage

15/07/2014 11:10 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

L'autorité japonaise de régulation nucléaire a jugé mercredi que deux réacteurs du sud-ouest du Japon remplissaient les critères de sûreté, une étape technique cruciale qui ouvre à la voie à un redémarrage dans les prochains mois.

Réunis le matin, les membres de l'autorité ont approuvé un rapport de près de 420 pages selon lequel les dispositions techniques prises par la compagnie Kyushu Electric Power pour les tranches Sendai 1 et 2 (sud-ouest) étaient techniquement compatibles avec de nouvelles normes de sûreté.

C'est la première fois depuis la catastrophe atomique de Fukushima qu'est donné un tel avis de conformité, alors que l'intégralité du parc de 48 réacteurs du Japon est arrêté.

Cette approbation doit cependant encore être définitivement validée après un appel à commentaires publics d'une durée de 30 jours.

La certification définitive de sûreté de la part de l'autorité indépendante mise en place après le désastre du 11 mars 2011 est requise pour permettre une relance de tout réacteur de l'archipel, quel qu'il soit.

Si tout va bien, la validation technique définitive de Sendai 1 et 2 est attendue pour le mois d'août. L'autorité se borne toutefois à dire que les installations sont sûres. Il revient ensuite aux dirigeants politiques locaux et nationaux de décider du redémarrage.

La volonté du gouvernement de droite de Shinzo Abe est de "relancer tous les réacteurs jugés sûrs par l'autorité de régulation", comme l'a redit mercredi matin le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga.

Les observateurs estiment que ces deux réacteurs pourraient être remis en exploitation à l'automne.

Le document présenté mercredi pour Sendai 1 et 2, les deux premiers passés en revue, précise notamment toutes les mesures prises pour faire face aux tsunamis, séismes, éruptions volcaniques, tornades et autres dangers, afin d'éviter que la situation ne dégénère en catastrophe majeure comme ce fut le cas il y a trois ans et demi à la centrale Fukushima Daiichi après un tremblement de terre au large et un gigantesque tsunami.

L'éventualité d'une relance prochaine des réacteurs rencontre cependant l'opposition de militants anti-nucléaire, à commencer par Greenpeace: "des milliers d'habitants de la préfecture de Kagoshima (où se trouvent les réacteurs) et de la province voisine de Kumamoto ont fait part de leurs inquiétudes", a rappelé l'organisation écologiste.

"Les principaux problèmes comprennent l'absence de plan réel d'évacuation de la population en cas de nécessité, notamment des personnes âgées, des enfants, ou des individus hospitalisés", souligne Greenpeace.

Les opposants, dont certains se sont immédiatement rassemblés devant le site mercredi pour protester, considèrent en outre que la compagnie Kyushu Electric Power et l'autorité ne sont pas parvenues à établir un diagnostic et une réponse précise au risque volcanique dans la région.

bur-kap/anb/glr

KYUSHU ELECTRIC POWER

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