NOUVELLES

Hong Kong doit être dirigé par "un patriote" selon le chef de l'exécutif

15/07/2014 07:06 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Le chef de l'exécutif de Hong Kong a demandé mardi une réforme électorale pour ce territoire du sud de la Chine, comme le réclament des centaines de milliers de Hongkongais, mais il ajoute que les habitants veulent un dirigeant "patriote".

Dans un rapport destiné aux autorités de Pékin et publié mardi, Leung Chun-ying souligne "le besoin d'amender la méthode de sélection du CE (dirigeant de l'exécutif) en 2017 afin d'atteindre l'objectif, à savoir le suffrage universel".

Actuellement, le chef de l'exécutif de Hong Kong est porté au pouvoir par une assemblée largement acquise à Pékin.

"La communauté est en général d'accord avec le fait que le chef de l'exécutif doit être quelqu'un qui +aime le pays et aime Hong Kong+", a ajouté Leung, rejoignant ainsi les déclarations de Pékin sur le besoin d'un leader "patriote" à Hong Kong.

Selon Leung, qui dit citer les conclusions d'une consultation publique sur la réforme électorale, "l'opinion publique" souhaite qu'un comité de nomination choisisse les candidats.

Les activistes prodémocratie craignent qu'alors, seuls les postulants favorables à Pékin passent ce barrage. Ils veulent donc que la population choisisse les candidats au poste le plus élevé de Hong Kong, ce que refuse Pékin.

Les déclarations de CY Leung ont été accueillies fraîchement par les sympathisants du mouvement prodémocratie.

Un député, Albert Chan, a déchiré une copie du rapport lu par le chef de l'exécutif en criant "Faux rapport, fausse consultation!", avant d'être évacué du parlement.

Pour l'activiste Johnson Yeung, le gouvernement "a ignoré l'immense consensus qui se dégage des Hongkongais, et (...) il n'a écouté que les opinions des groupes pro-gouvernement (pro-Pékin)".

Le 1er juillet, jour anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, plus de 500.000 personnes, selon les organisateurs, étaient descendues dans la rue pour demander la démocratie et la liberté de choisir leur dirigeant.

Quelques jours auparavant, 800.000 personnes (sur une population totale de 7 millions) avaient pris part à un référendum officieux sur l'instauration du suffrage universel direct.

Les associations prodémocratie ont menacé d'organiser un sit-in géant dans le quartier des affaires d'ici la fin de l'année, en cas d'absence de véritable réforme électorale.

L'ancienne colonie britannique possède le statut de région administrative spéciale (RAS) de la Chine et bénéficie en principe d'une large autonomie en vertu du modèle "un pays, deux systèmes".

Ses habitants jouissent notamment d'une liberté de parole et de manifester inconnue sur le continent, et d'un système judiciaire hérité du droit anglais.

Mais les Hongkongais perçoivent une érosion de ces droits et s'inquiètent de la mainmise de Pékin sur les affaires du territoire.

Début juin, Pékin a publié un Livre blanc sur Hong Kong, interprété comme une mise en garde lancée aux habitants du territoire de ne pas franchir les limites de son autonomie.

dca-at-lm/fmp/fw

PLUS:hp