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Crise malienne: les groupes armés en position de force (diplomate algérien)

15/07/2014 09:29 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Les groupes armés maliens vont entamer "en position de force" mercredi à Alger les négociations avec le gouvernement de Bamako en vue d'un accord de paix, et la marge de manoeuvre "est étroite", a estimé mardi un diplomate algérien.

"Après la grande défaite de l'armée malienne", qui a perdu 50 soldats dans le nord du pays en mai, "les mouvements armés occupent maintenant presque les deux tiers du territoire" et "viennent à Alger en position de force", a confié à des journalistes cette source sous le couvert de l'anonymat.

Selon elle, la marge de manoeuvre d'Alger "est étroite" puisqu'il faut "trouver un consensus pour le partage du pouvoir" entre "d'un côté, les mouvements qui veulent une autonomie du nord du Mali" et de l'autre un "gouvernement ouvert à toute idée en dehors de l'indépendance".

Ces négociations à Alger sont les premières à rassembler l'ensemble des parties depuis celles qui avaient abouti à un accord intérimaire le 18 juin 2013 à Ouagadougou et ouvert la voie à la tenue d'élections présidentielle et législatives.

Elles vont se dérouler en "trois phases", selon l'ancien Premier ministre malien Modibo Keïta, représentant du chef de l'Etat: il faudra d'abord "valider une feuille de route", puis "négociations proprement dites (...) pour aller au fond des problèmes et obtenir un pré-accord" et enfin la signature d'un accord de paix définitif.

"Le président Ibrahim Boubacar Keïta est convaincu que seule l'Algérie peut faire bouger les choses. C'est un fait inédit qu'un pays demande à un autre de s'associer à la gestion d'une partie de son territoire", a estimé le diplomate, expliquant que c'était dû au fait que la situation n'ait "pas bougé depuis dix mois".

Le Mali est "l'un des dix pays les moins avancés au monde" et "n'a pas les moyens" de surveiller son vaste territoire, a-t-il fait valoir.

"Nous sommes en mesure aujourd'hui de voir une lueur au bout du tunnel. Cette lueur, il nous appartient de l'amplifier et d'en faire une lumière qui éclaire pour aboutir à un avenir pacifique, convivial et prospère du Mali, préservant l'intégrité territoriale, l'unité nationale et le caractère républicain de l'Etat", a déclaré mardi le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, cité par l'agence APS.

"Rétrospectivement, beaucoup de choses ont été réglées", a-t-il poursuivi en soulignant la présence d'institutions démocratiques et la "légitimité populaire" du président Keita.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop a réaffirmé l'engagement de son gouvernement à entamer "ces pourparlers de bonne foi, dans un esprit ouvert et confiant pour aboutir à un accord de paix global et définitif avec nos frères qui opèrent dans le Nord-Mali".

Il a dit espérer que les discussions permettent de valider une feuille de route pour "dessiner les jalons nécessaires" et arriver "rapidement" à un accord, selon des propos rapportés par l'APS.

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