NOUVELLES

Canada: découverte d'un gène qui retarderait le déclenchement d'Alzheimer

15/07/2014 03:19 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Un gène pourrait permettre de retarder d'au moins quatre ans le déclenchement de la maladie d'Alzheimer, affirment des chercheurs canadiens dans une étude publiée mardi.

Ces chercheurs ont découvert qu'une variante naturelle d'un gène appelé "HMG CoA réductase", présente chez 25% des Américains et Canadiens, réduit considérablement les risques d'être atteint de cette maladie à l'origine de la perte de la mémoire, écrivent-ils dans la revue scientifique Molecular Psychiatric Journal.

"Chez les sujets porteurs de cette variante génétique, nous avons constaté que les risques de développer la maladie diminuent de 50% chez les femmes et de 30% chez les hommes", a dit à l'AFP le Dr Judes Poirier, responsable cette étude menée par l'Institut universitaire en santé mentale Douglas et l'Université McGill de Montréal.

Le gène en question est déjà bien connu des scientifiques qui oeuvrent dans le domaine cardiovasculaire, en raison de son rôle dans la fabrication du cholestérol.

"Sans s'être penchés sur la corrélation génétique, des chercheurs américains ont remarqué qu'il y avait une diminution des cas d'Alzheimer chez les patients qui prenaient certains types de statines, des médicaments pour réduire leur taux de cholestérol", indique le Dr Poirier.

Selon le chercheur, les statines, des inhibiteurs chimiques du fonctionnement de ce gène, auraient le même effet sur la maladie d'Alzheimer que la variante naturelle du gène découvert par les chercheurs de l'Institut Douglas.

"Si on avait un médicament qui nous permettait de repousser de cinq ans l'apparition de la maladie, on pourrait réduire de moitié le nombre de cas d'Alzheimer en une génération", estime le Dr Poirier.

Dans le monde, une centaine de médicaments ont déjà été testés pour repousser, réduire et prévenir les effets de la maladie d'Alzheimer - qui touche 40 millions de personnes - mais jusqu'ici aucun ne s'est avéré efficace.

"Nous faisons face à un échec collectif depuis des années, c'est la première fois qu'on est en présence d'un facteur de protection aussi prometteur", se félicite Dr Poirier.

Le chercheur est par ailleurs plutôt optimiste face à l'existence d'un médicament qui pourrait avoir l'effet escompté sur la maladie. "Les vieilles molécules utilisés il y a 15 ou 20 ans pour le cholestérol, le zocar, le pravacor, agissaient directement sur le cerveau, et ce sont ces molécules que nous devons maintenant étudier."

Cet automne, une étude à petit échelle sera menée à l'Institut Douglas de Montréal auprès de 150 sujets pour mettre à l'épreuve cette nouvelle hypothèse. Si les tests s'avéraient concluants, le Dr Poirier espère trouver le financement nécessaire pour lancer une étude beaucoup plus vaste.

al/sab/

PLUS:hp