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Afrique du Sud: la tuerie de Marikana indigne d'une démocratie (ex-ministre Police)

15/07/2014 09:33 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

La fusillade policière de Marikana qui a fait 34 morts parmi des mineurs en grève sauvage le 16 août 2012, est une tragédie indigne d'une démocratie comme l'Afrique du Sud, a admis mardi Nathi Mthethwa, le ministre de la Police de l'époque.

Toujours membre du gouvernement mais passé à la Culture, M. Mthethwa témoigne depuis lundi devant la commission d'enquête chargée d'élucider les circonstances dans lesquelles la police a ouvert le feu sur ce rassemblement de mineurs, ayant rompu avec leur syndicat national et débrayé illégament pour contester leurs salaires.

"Ce genre de chose ne doit pas se produire dans une démocratie", a déclaré M. Mthethwa, qui a démenti avoir subi ou exercé la moindre pression pour que la police intervienne comme elle l'a fait.

"Quoi qu'il se soit passé, cela ne devait pas arriver dans une démocratie. Ce qui s'est produit là-bas est une terrible erreur", a-t-il également déclaré, au début de sa déposition lundi.

Interrogé pour savoir s'il savait que les unités spéciales déployées ce jour-là avaient des fusils automatiques, il a répondu qu'il ne lui appartenait pas de se mêler de la conduite des opérations sur le terrain.

"C'est une tragédie qui s'est invitée dans notre démocratie, une vraie tragédie", a-t-il ajouté, prenant ses distances avec une vidéo filmée après la tuerie, le montrant en train de féliciter les policiers.

Sur ce film, présenté à la commission d'enquête, on entend M. Mthethwa, membre du comité exécutif national de l'ANC au pouvoir, dire: "Continuez à faire votre travail comme des professionnels. Il y aura des critiques mais nous, votre hiérarchie, nous avons confiance que vous avez agi pour faire respecter l'Etat de droit en Afrique du Sud".

"A tout moment nous devons garantir que nous faisons tout notre possible pour que les anarchistes ne pensent pas qu'ils ont leur place en Afrique du Sud. Je tiens à vous remercier au nom de notre gouvernement", l'entend-on ajouter.

Devant la commission, M. Mthethwa s'est défendu d'avoir fait l'amalgame entre les mineurs qui manifestaient lors du rassemblement et les auteurs des crimes commis les jours avant la manifestation, notamment à l'encontre de deux policiers tués à la machette.

Trente-quatre mineurs du groupe britannique Lonmin ont été abattus par la police à Marikana, et plus de 70 blessés le 16 août 2012, la pire fusillade depuis la fin du régime raciste d'apartheid.

Aucun responsable n'a été inquiété à ce jour. La police a toujours plaidé la légitime défense bien que l'enquête ait montré qu'une partie des victimes ont été pourchassées, abattues ou achevées par des balles dans le dos ou à bout portant, et que la police a ensuite menti, dissimulé, falsifié ou antidaté des preuves.

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