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Syrie: l'Etat islamique chasse les rebelles de la ville de Deir Ezzor (ONG)

14/07/2014 08:03 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont pris le contrôle lundi des secteurs rebelles de Deir Ezzor, la plus grande ville de l'est de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Plusieurs groupes rebelles se sont retirés et d'autres ont prêté allégeance à l'EI, qui contrôle désormais la moitié de la ville et le régime l'autre moitié, selon l'OSDH.

Et "entre 95 à 98% de la province de Deir Ezzor est désormais aux mains de l'EI", qui contrôle également de larges pans du territoire irakien frontalier, selon l'OSDH.

"Seuls la deuxième moitié de la ville (de Deir Ezzor), l'aéroport militaire situé à la périphérie et quelques villages de la province échappent encore à l'EI", a expliqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

D'après l'OSDH, les secteurs rebelles sont tombés après l'échec de négociations avec l'EI. Ce groupe ultra-radical sunnite, accusé de nombreuses atrocités, a proclamé fin juin un "califat" sur les territoires qu'il contrôle, depuis le nord de la Syrie jusqu'à l'est de l'Irak.

"Des combattants du Front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) et du mouvement islamiste Ahrar al-Cham se sont alors retirés de leurs sièges dans la ville, tandis que d'autres ont prêté allégeance", a expliqué l'OSDH.

"Le commandant d'Al-Nosra à Deir Ezzor a été abattu par l'EI, qui a hissé son drapeau à l'intérieur de la ville", a précisé l'OSDH.

Assi al-Hussein, un militant présent dans Deir Ezzor, a expliqué à l'AFP qu'il était "plus judicieux que les rebelles se retirent face à la force que représente l'EI".

"La ville n'aurait pas supporté des combats à l'intérieur des secteurs rebelles", a-t-il ajouté.

Les rebelles sont sous-équipés en comparaison à leurs deux ennemis, le régime de Bachar al-Assad et l'EI.

Le porte-parole des rebelles à Deir Ezzor a confirmé ces informations, accusant la communauté internationale de ne pas avoir apporté le soutien nécessaire à la rébellion.

"Le retrait est la conséquence d'un manque de soutien financier aussi bien de l'opposition (en exil) que de la communauté internationale", a déclaré Omar Abou Leyla, joint par l'AFP via internet.

"L'EI ne connaît pas de pénurie d'armes, de munitions ou de combattants, et la bataille est devenue complètement asymétrique, surtout depuis la prise (de la ville irakienne de) Mossoul", où l'EI s'est emparé d'un arsenal "d'armes lourdes", a-t-il ajouté.

"Nous avions mis en garde le monde entier, dont les puissances régionales, des dangers représentés par ce groupe terroriste", a souligné Omar Abou Leyla.

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