POLITIQUE

La Société pour la nature et les parcs du Canada s'inquiète du développement industriel dans des zones qui devraient être conservées

14/07/2014 05:20 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT
Design Pics/Robert Brown via Getty Images

La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) estime que l'industrie prend de plus en plus le pas sur les volontés de conservation et s'inquiète des menaces environnementales qui pèsent sur les aires de conservation et les parcs du Canada.

La Société souligne qu'au Québec, comme à Terre-Neuve et en Alberta, l'aménagement d'aires protégées et de parcs traîne de la patte pendant que le développement industriel est en croissance dans des zones qui devraient être conservées.

La SNAP a mis en ligne, lundi, son sixième rapport annuel sur l'état des parcs du Canada. La Société estime que les provinces et le gouvernement canadien ne reconnaissent pas l'importance de la valeur économique, environnementale et sociale des parcs.

Le directeur général de la SNAP pour le Québec, Patrick Nadeau, plaide pour un changement de philosophie. « Ce qu'il faut savoir, fait valoir M. Nadeau, c'est que les parcs et les aires protégées contribuent directement à notre économie. Même à partir d'un argument économique, on comprend mal pourquoi on continue à prendre à très court terme des décisions négatives sur nos parcs. »

La SNAP ajoute d'ailleurs que l'ensemble des parcs canadiens génère plus de 64 000 emplois à temps plein et des revenus d'emplois de près de 3 milliards de dollars ainsi que des recettes fiscales de 337 millions de dollars.

Parcs nationaux sous-financés

La réduction du tiers de la capacité scientifique des parcs nationaux, la diminution des saisons de fréquentation et de nombreux services décrétés par le gouvernement conservateur en 2012 a toujours d'importantes répercussions dans le développement du réseau, estiment les auteurs du rapport.

La Société s'inquiète aussi du fait que la majorité du budget des parcs, de 391 millions de dollars, sera consacré au remplacement et à la rénovation des routes, ponts et autres infrastructures. La SNAP recommande à cet égard que le fédéral réinvestisse 40 millions de dollars par année, dont la moitié pour le programme de conservation des parcs.

Le Canada compte 44 parcs nationaux. Au Québec, on trouve parmi la liste de parcs nationaux : la réserve de parc national de l'Archipel de Mingan, le parc national Forillon en Gaspésie ainsi que le parc national de la Mauricie.

Développement ralenti

Le rapport note que l'engagement de créer 12 % d'aires protégées au Québec d'ici 2015 a été retardé à maintes reprises et pourra être difficilement atteint sans action concrète et immédiate.

Le Canada s'est aussi engagé à protéger 17 % de son territoire d'ici 2020. La SNAP déplore l'absence de plan pour parvenir à atteindre cette cible. Quelque 10 % du territoire a été protégé jusqu'à maintenant.

Au cours de la dernière année, plusieurs provinces ont d'ailleurs accordé la primauté au développement industriel et commercial au détriment des zones de protection, rajoute le SNAP.

En Colombie-Britannique, l'adoption du Park Act autorise maintenant la réalisation de travaux industriels dans les parcs et permet, selon les besoins de modifier les limites des zones de conservation. Un projet d'hôtel est aussi en cours au parc national Jasper, sur les rives du lac Maligne, en Alberta.

La construction de routes et l'exploitation minière menacent deux réserves de parcs au Yukon, notamment celle du réservoir hydrographique de la rivière Peel. L'affaire est devant les tribunaux.

Une entente avec Irving permettra l'exploitation forestière dans certains secteurs jusque-là intouchés au Nouveau-Brunswick. Cette province protège à peine 3 % de ses terres.

Bonnes nouvelles

Le rapport met en évidence certaines bonnes nouvelles comme la création d'un parc au Manitoba dans la baie d'Hudson pour protéger l'ours blanc ou la publication du plan visant à créer 250 000 hectares d'aires protégées en Nouvelle-Écosse.

Le rapport souligne aussi la volonté du gouvernement du Québec, réitérée dans le dernier budget, de protéger 50 % des territoires de la province au nord du 49e parallèle.

Le rejet du projet de fracturation hydraulique près du parc national de Gros-Morne, à Terre-Neuve, est aussi un pas dans la bonne direction, selon la SNAP.

Le Canada participera en novembre au Congrès mondial des parcs de l'Union internationale pour la conservation de la nature, en Australie. La rencontre se tient une fois au 10 ans.

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