NOUVELLES

Offre de trêve égyptienne à Gaza: Israël étudie, le Hamas la rejette en l'état

14/07/2014 07:14 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

Israël étudiait mardi une proposition égyptienne de trêve, écartée en l'état par le Hamas palestinien, une semaine après le déclenchement de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza, plus meurtrière que celle de 2012.

Médiateur lors des précédentes crises entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, Le Caire a proposé une trêve à partir de 06H00 GMT mardi, alors que le secrétaire d'Etat américain John Kerry est attendu dans la journée en Egypte.

Mais le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a rejeté tout cessez-le-feu qui n'incluerait pas un accord complet sur le conflit l'opposant à Israël, a déclaré un porte-parole, Fawzi Barhoum, à Gaza.

"Un cessez-le-feu sans parvenir à un accord est exclu. En temps de guerre, on ne cesse pas le feu pour ensuite négocier", a dit M. Barhoum à l'AFP.

Le Hamas exige l'arrêt des bombardements, la fin du blocus de Gaza en place depuis 2006, l'ouverture du poste-frontalier de Rafah avec l'Egypte et la libération des prisonniers arrêtés de nouveau après avoir été relâchés dans le cadre de l'accord d'échange du soldat israélien Gilad Shalit en 2011.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a convoqué son cabinet de sécurité mardi matin pour "examiner sérieusement" la proposition égyptienne, a indiqué à l'AFP un haut responsable israélien.

M. Netanyahu serait disposé à accepter un cessez-le-feu avec le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a affirmé le correspondant diplomatique du quotidien Haaretz, Baral Ravid, sur son compte Twitter, citant une source anonyme.

L'Egypte a dévoilé son plan peu avant l'ouverture d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe.

L'initiative égyptienne prévoit un "arrêt total des hostilités aériennes, maritimes ou terrestres" et l'ouverture dans la foulée de négociations sur l'entrée des biens et des personnes dans l'enclave palestinienne sous blocus, selon le texte de l'initiative communiqué par le ministère des Affaires étrangères.

L'Egypte propose d'accueillir sous 48 heures après l'entrée en vigueur de la trêve deux délégations palestinienne et israélienne pour ouvrir ces discussions indirectes.

Dans un communiqué, l'émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, s'est félicité de l'initiative du Caire qui pourrait "arrêter la perte tragique de vie humaine, les roquettes sur Israël".

A Washington, la Maison blanche a mis en garde contre une offensive terrestre "parce que cela mettrait en danger davantage de civils", tout en répétant qu'Israël avait le "droit" et la "responsabilité" de protéger ses citoyens.

- 'Trop de civils tués' -

John Kerry s'est dit à nouveau prêt dimanche à faciliter une cessation des hostilités. Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier était lundi à Amman, avant une visite mardi à Jérusalem et à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie. Son homologue italienne Federica Mogherini était attendue mercredi.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que "trop de civils palestiniens" avaient été tués et a redouté qu'une éventuelle offensive terrestre ne vienne alourdir ce bilan.

La Ligue arabe a, elle, exhorté la communauté internationale à protéger Gaza, faisant écho à une demande dimanche du président Mahmoud Abbas de "placer officiellement l'Etat de Palestine sous le régime de protection internationale de l'ONU".

Sur le terrain, les hostilités n'ont pas cessé.

En une semaine, les raids aériens israéliens dans la bande de Gaza ont fait 184 morts et près de 1.300 blessés, selon un dernier bilan des services de secours qui dépasse les 177 morts palestiniens enregistrés lors de l'offensive de novembre 2012.

Pour la première fois depuis le début de l'opération à Gaza, un Palestinien de 20 ans a été tué en Cisjordanie dans des heurts avec l'armée lors d'une manifestation lundi matin.

Israël a aussi poursuivi sa campagne de répression en Cisjordanie occupée, en arrêtant 23 Palestiniens dans la nuit, dont 11 députés du Hamas.

La spirale de violences actuelles a été enclenchée après l'enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens près de Hébron en juin, attribués par Israël au Hamas, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem, pour lequel trois extrémistes juifs doivent être inculpés dans les prochains jours.

- Drone du Hamas -

Pour la première fois, l'armée israélienne a aussi abattu un véhicule aérien sans pilote (UAV) au-dessus d'Ashdod, à 30 km au nord de Gaza.

Les Brigades al-Qassam ont affirmé dans un communiqué avoir envoyé en Israël plusieurs de ces drones fabriqués à Gaza, et que certains avaient même survolé le ministère israélien de la Défense à Tel-Aviv.

Selon l'armée israélienne, plus de 800 roquettes ont atteint le territoire de l'Etat hébreu en une semaine. Elles ont fait quatre blessés graves. En 2012, six Israéliens avaient été tués.

A Gaza, "tout indique, c'est dramatique, que les femmes et les enfants représentent une large part des victimes des frappes aériennes", a déploré à Gaza le patron de l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), Pierre Krahenbuhl.

"A l'heure actuelle, plus du quart des morts sont des enfants", a-t-il insisté.

Si l'armée poursuit ostensiblement ses préparatifs pour une opération terrestre, les médias israéliens ont indiqué qu'une réunion du cabinet de sécurité s'était achevée tard dimanche sans que la question soit tranchée.

"Les résistants (palestiniens) en rêvent, que l'ennemi décide d'une invasion terrestre ! Gaza sera leur cimetière si Dieu le veut", a promis le Hamas.

Selon l'UNWRA, quelque 17.000 personnes ont trouvé refuge dans les écoles qu'elle gère sur place.

Mais l'accueil y est difficile. "Il y a très peu d'eau, de nourriture et les enfants n'ont rien à faire. On dort à même le sol", a raconté Rehab, une déplacée de 27 ans.

Le conflit menace de s'étendre à la frontière nord d'Israël.

Deux roquettes tirées depuis la Syrie et une depuis le Liban sont tombées lundi en Israël, dont deux sur le Golan, région occupée par Israël, selon l'armée israélienne, qui n'a recensé aucune victime.

bur-agr/alf/glr

CBS CORPORATION

PLUS:hp