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Chine: les deux enquêteurs étrangers liés à GSK formellement inculpés (média officiel)

14/07/2014 03:26 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

Deux procureurs de Shanghai ont formellement inculpé deux enquêteurs privés étrangers liés au géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK), lequel fait l'objet de graves accusations de corruption, a rapporté lundi un média d'Etat.

Le détective privé britannique Peter Humphrey, ainsi que sa femme Yu Yingzeng, de nationalité américaine, sont accusés d'avoir obtenu illégalement des informations privées concernant des citoyens chinois, a précisé l'agence officielle Chine nouvelle.

Il s'agit du premier cas soulevé par des procureurs chinois contre des enquêteurs étrangers au motif d'enquête illégale et de collecte et revente illicites d'informations, a-t-elle ajouté.

Ces chefs d'accusation sont passibles d'une sentence d'un maximum de trois ans d'emprisonnement, selon des experts légaux cités par des médias d'Etat.

Le procès de M. Humphrey et de Mme Yu aura lieu le 7 août devant un tribunal chinois, et ni leur famille ni les diplomates de leurs ambassades respectives ne pourront y assister, avait indiqué un proche du couple début juillet à l'AFP, sous couvert d'anonymat.

Selon les procureurs cités par Chine nouvelle, les deux enquêteurs sont accusés d'avoir acheté ou obtenu par des moyens illicites, notamment par des photographies clandestines ou des filatures, des informations personnelles telles que des adresses, des détails de voyages et de titres de propriété.

Le couple aurait ensuite compilé ces informations dans des rapports "chèrement facturés" à ses clients, pour la plupart des multinationales basées en Chine, dont GSK, a poursuivi l'agence d'Etat.

Peter Humphrey, ancien journaliste de l'agence Reuters et doté d'une longue expérience dans les enquêtes sur les fraudes d'entreprises, avait fondé à Shanghai la firme de conseil et d'évaluation des risques ChinaWhys, dont Mme Yu était la directrice générale.

Selon le journal britannique Sunday Times, GSK aurait recruté M. Humphrey pour enquêter sur l'origine d'une vidéo clandestine montrant les ébats de Mark Reilly, alors numéro un du groupe en Chine, avec sa petite amie chinoise.

M. Humphrey et Mme Yu, employés par GSK, avaient été interpellés au courant de l'été 2013, alors qu'avait débuté la vaste enquête de police à l'encontre des faits de corruption présumés du laboratoire britannique.

Au terme de cette enquête de dix mois très médiatisée, la police chinoise a conclu mi-mai que M. Reilly avait personnellement ordonné à ses équipes de commerciaux en Chine de verser des pots-de-vin à des hôpitaux, médecins et cadres politiques pour doper leurs ventes.

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