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Algérie: cinq personnes écrouées à Ghardaïa après des heurts communautaires

14/07/2014 10:29 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

Cinq personnes ont été inculpées lundi à Ghardaïa, théâtre depuis des mois d'affrontements inter-communautaires, pour des violences ayant eu lieu vendredi et samedi, a rapporté l'agence APS.

Située aux portes du Sahara à 600 km au sud d'Alger et inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, Ghardaïa vit depuis plusieurs mois au rythme de ces affrontements entre les communautés Mozabites (berbères) et Chaâmbas (arabes).

Ces heurts ont fait une dizaine de morts au cours des mois, tandis que des centaines de maisons et de magasins, appartenant en majorité à des Mozabites, ont été pillés puis incendiés.

Les cinq personnes inculpées lundi l'ont été pour "attroupement armé sur la voie publique", destruction de biens publics et privés et agression contre les forces de l'ordre, a précisé une source de sécurité à l'APS.

Les heurts avaient éclaté jeudi après la mort d'un Mozabite. Les autorités ont évoqué un accident, mais sa communauté dénonce un assassinat en affirmant qu'il a été victime de jets de pierres alors qu'il circulait à moto.

Dimanche, les Mozabites ont appelé le président Abdelaziz Bouteflika à l'aide pour faire cesser l'effusion de sang dans leur région.

"Les Algériens du M'zab interpellent votre conscience et votre patriotisme salvateur et attendent respectueusement de vous (...) des mesures concrètes pour arrêter l'effusion de sang et rétablir la paix juste", annonce la lettre diffusée par les notables de la région.

Près de 10.000 policiers et gendarmes sont déployés dans les principales artères de cette cité de 400.000 habitants, dont quelque 300.000 Mozabites, mais ils ne parviennent pas à empêcher les violences.

Les signataires de la lettre à M. Bouteflika dénoncent en outre une "manipulation des forces de sécurité" et la "partialité flagrante des commandements".

De nombreux différends, en particulier d'ordre foncier, sont à l'origine de ces heurts entre Arabes et Berbères qui cohabitent depuis des siècles dans la ville.

amb/fcc

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