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Mondial: l'Argentine pleure et applaudit ses vice-champions

13/07/2014 07:02 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

Un sentiment de tristesse a envahi les Argentins après la défaite de l'Albiceleste en finale du Mondial brésilien devant l'Allemagne (1-0 a.p.): les plus jeunes n'ont pas contenu leurs larmes, d'autres ont positivé et applaudi les vice-champions du monde.

Malgré la défaite, des dizaines de milliers de supporteurs ont marché vers l'Obélisque de Buenos Aires, centre habituel de rassemblement et de célébrations, agitant des drapeaux argentins. Feux d'artifices, tambours, musique, pétards, donnaient un air de fête. Accrochés aux feux tricolores, debout sur les toits d'abri-bus, les jeunes Argentins avait prévu de faire la fête et n'ont pas voulu changer leur programme.

D'autres, consternés, déambulent dans les rues du centre de la capitale ou retournent chez eux la tête basse.

"C'était quand même un bon Mondial. Arriver en finale contre l'Allemagne, c'est pas si mal. Je suis fier de cette équipe. On n'a pas su prendre notre revanche (sur la finale de 1990 gagnée par la RFA, ndlr) mais pendant cette finale, j'ai vu 11 guerriers sur le terrain", salue Leandro Paredes, maçon de 27 ans, fan de River Plate et d'Angel Di Maria.

Pour lui, l'Argentine peut espérer faire mieux en 2018 en Russie.

"Nous avons manqué de chance, mais ils ont tout donné sur le terrain et maintenant nous sommes vice-champions", réagit Analia Cigluiti, une architecte de 31 ans, qui a suivi le match sur un écran géant place San Martin, dans le centre de Buenos Aires.

"C'est un coup dur, je pensais voir pour la première fois l'Argentine devenir championne du monde, c'est horrible", confie en larmes Martin Ramirez, 20 ans, qui n'était pas né quand Diego Maradona avait donné le deuxième titre à l'Argentine en 1986.

Au coup de sifflet final, les 50.000 personnes rassemblées place San Martin ont applaudi Messi et ses coéquipiers, regrettant l'inefficacité offensive de leurs attaquants.

"Brésil, dis-mois ce que tu ressens", entonnaient des supporteurs, se satisfaisant d'avoir fait mieux que le pays-hôte, le voisin et archi-rival, atomisé en demi-finale par l'Allemagne (7-1), reprenant les paroles de la chanson officielle des supporteurs argentins durant le Mondial.

D'autres chantaient: "Je suis Argentin, allez l'Argentine, chaque jour je t'aime un peu plus".

- Revanche perdue -

Daniela Eula, 21 ans, vendeuse dans une boutique de vêtements, est "déçue mais pas triste". "Ils ont perdu dignement, pas comme le 4-0 en Afrique du Sud (en quarts contre l'Allemagne). Ils peuvent garder la tête haute".

Les plus meurtris, des adolescents, étaient assis sur les trottoirs, en état de choc, les yeux rougis par les larmes, ou marchaient en se tenant la tête à deux mains.

Dans une pizzeria transformée par un chef allemand en taverne dimanche après-midi, les Allemands de Buenos Aires étaient réunis pour déguster bretzels et saucisses. Avant la fin du temps règlementaire, ils avaient épuisé le stock de bière Quilmès, la plus populaire des bières locales.

A la fin du match, ils ont exulté, sauté, se sont embrassé, criant "Deutschland".

Après avoir salué "un grand match", l'ambassadeur d'Allemagne a quitté l'établissement sous l'escorte de ses gardes du corps, alors qu'un groupe d'Argentins furieux se pressaient devant le restaurant. "Fils de pute", a lancé une jeune Argentine à l'adresse des Allemands.

Des policiers se sont postés devant le restaurant pour calmer les esprits. Portant le maillot bleu ciel et blanc au nom de Messi et drapée dans un drapeau allemand, Mareike Fürst, une enseignante allemande de 19 ans, est heureuse, mais s'attend à 24 heures difficiles avec son fiancé argentin, abattu.

De 16h00 à 19h00, la capitale argentine était restée figée, sous tension. Seuls quelques commerces équipés d'écrans retransmettant la finale étaient ouverts. Les rues et avenues de l'agglomération de 13 millions d'habitants étaient désertes. En début de soirée, la vie reprenait son cours, mais la plupart des Argentins ont pris un coup sur la tête.

"Le rêve argentin frustré dans le temps règlementaire", titrait le site internet du journal Clarin.

"Encore une défaite contre l'Allemagne, c'est la 4e fois", soupirait Fabio Dino, un mécanicien de 30 ans, faisant référence à la finale perdue en 1990, puis des deux revers en quarts de finale en 2006 et 2010.

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