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Mondial-2014 - Le coeur des Allemands bat pour une quatrième étoile historique

13/07/2014 06:42 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

L'Allemagne vibre comme jamais derrière la "Nationalmannschaft" qui rêve de décrocher dimanche soir au Brésil un quatrième titre de champion du monde, le premier depuis la réunification du pays en 1990.

"80,8 millions de coeurs battent aujourd'hui pour vous", titrait dimanche le quotidien Bild, le plus lu du pays, en consacrant sa Une et 54 pages à cette finale.

Des millions d'Allemands étaient attendus dans les rues de Berlin et du pays dans la soirée pour suivre cet événement, déjà qualifié d'historique, y compris par la chancelière Angela Merkel qui sera dans les tribunes au Brésil pour pousser les joueurs de Joachim Löw.

Environ 200.000 supporters devaient notamment se rassembler devant la Porte de Brandebourg, au coeur de la capitale, où les drapeaux noir-rouge-or sont omniprésents depuis le début de la compétition.

Dans les magasins, les étalages ont été revus pour tenir compte de la fièvre patriotique: fruits sombres, rouges et jaunes souvent disposés pour reproduire les couleurs nationales.

- Chair de poule -

"Quelle journée! De quoi avoir la chair de poule! Aujourd'hui, l'Allemagne peut devenir championne du monde pour la 4ème fois (...) Notre Onze a conquis la terre entière avec ses 7 buts contre le Brésil. Même les Brésiliens nous souhaitent la victoire", s'exclamait le Bild.

Cette demi-finale, suivie par 32,57 millions de téléspectateurs en Allemagne, est devenue l'événement le plus regardé de l'histoire de la télévision allemande. Un nouveau record pourrait tomber dimanche soir.

Les Allemands, pour qui en football seule la victoire est belle, ont accumulé les frustrations ces dernières années, souvent placés mais jamais gagnants depuis l'Euro 1996... Quant au titre suprême, il est attendu depuis 24 ans. En 1990, le pays en cours de réunification avait remporté le Mondial en Italie... Beaucoup s'imaginaient alors que l'Allemagne de l'Ouest, renforcée par l'apport de la RDA communiste, deviendrait invincible.

La longue disette qui a suivi est considérée comme une injustice pour un pays qui détient le record du nombre de finales (8) en Coupe du monde.

Pour le quotidien berlinois Tagesspiegel, il est grand temps que l'Allemagne soit récompensée: "l'Allemagne n'a pas seulement l'église chrétienne, l'islam et le judaïsme, en quatrième il y a aussi le Dieu football. Et à un moment ou un autre, le Dieu football devrait se montrer reconnaissant envers nous pour l'avoir mis au monde".

Le tabloïd berlinois "BZ" sacrifiait lui aussi à la métaphore religieuse, lançant à l'attention des Argentins: "vous êtes le Pape mais nous sommes des Dieux", avec la photo des onze titulaires de la Mannschaft sous celle du Pape François.

Après leur récital (7-1) face aux mythiques brésiliens en demi-finale, les Allemands se voient favoris, tout en redoutant une nouvelle désillusion.

- 'L'important c'est de gagner' -

"Nous sommes la meilleure équipe, mais cela n'est pas une garantie pour le titre, jugeait l'ancien champion du monde 1974, Günter Netzer. Tout de même, je suis optimiste, on ne va pas la laisser filer maintenant. Aujourd'hui nous allons être champions du monde!"

"Cela ne va sûrement pas être facile", a estimé Angela Merkel, dans une interview qui devait être diffusée dimanche après-midi. "Jamais une équipe européenne n'a gagné (la Coupe du monde) en Amérique latine, alors on croise les doigts, mais je crois que la possibilité est là", a-t-elle dit. Elle s'est refusée à tout pronostique sur le score: "ça m'est égal, l'important c'est de gagner".

Pour l'équipementier allemand Adidas, la victoire est une certitude, puisqu'il fournit les deux finalistes. Il a déjà écoulé deux millions de maillots de la "Nationalmannschaft" pendant la compétition et s'apprête à en écouler beaucoup d'autres si une quatrième étoile venait s'ajouter au-dessus de l'écusson allemand.

Au-delà du résultat sportif, le Spiegel voit un tournoi très réussi pour l'Allemagne. "La Coupe du monde prend fin et le monde a vu une équipe allemande qui joue avec aisance, maturité, et même parfois avec élégance", écrit l'hebdomadaire dans son édition à paraître lundi. Alors que le pays, marqué par son passé nazi, se questionne toujours sur son image à l'étranger, "ces dernières semaines (...) ont montré une autre Allemagne, un pays ouvert et optimiste", se réjouit-il.

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