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Mondial-2014 - L'Allemagne logée en quatre étoiles

13/07/2014 10:00 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

L'Allemagne peut enfin coudre une quatrième étoile sur son maillot national: Philipp Lahm a soulevé la Coupe du monde dans le temple du Maracana, après la victoire en finale (1-0 a.p.) contre l'Argentine de Lionel Messi.

Dimanche soir, dans les tribunes VIP de la finale à Rio, il y avait deux anciens footballeurs italiens de renom Christian Vieri et surtout Fabio Cannavaro, capitaine de la Nazionale victorieuse en Coupe du monde en 2006. Ils n'ont pas vu d'un bon oeil la victoire de la Mannschaft. Car l'Allemagne revient à égalité sur l'Italie avec quatre Coupes du monde dans sa vitrine. Ces deux représentants du Vieux Continent ne sont dépassés au palmarès que par le Brésil et ses cinq Coupes du monde, dont l'aventure s'est terminée chez lui face aux Allemands dans une demi-finale qui restera dans l'Histoire (7-1).

Pendant la finale, l'image fut assez drôle: Vieiri, clairement supporter de l'Argentine, était assis un rang au dessus de Lothar Matthäus, capitaine de l'Allemagne championne du monde en 1990 (dernier titre mondial allemand). Sous le regard des caméras, l'Italien s'est souvent moqué de l'Allemand, circonspect en début de match. Mais plus les minutes avançaient et plus les sourires ont changé de camp. Matthäus a même pris plusieurs selfies avant la prolongation, comme s'il savait que cela allait sourire à son pays.

- Götze, héros de conte de fées -

Toute Coupe du monde a sa belle histoire. Le héros de l'édition 2014 a pour nom Mario Götze. Le milieu du Bayern Munich était censé tenir un rôle de leader technique dans cette Coupe du monde au pays des Pelé, Garrincha et Ronaldo "O Fenomeno". Mais, décevant, il perdu sa place de titulaire en cours de 8e de finale.

La finale a viré pour lui au conte de fées. Il est devenu ce que les Anglais appellent un "super-sub", un "super remplaçant". Le joueur du Bayern est entré à la 88e minute. Et pendant la prolongation, c'est lui qui envoie la Mannschaft au paradis, à la 113e minute --7 minutes avant la loterie des tirs au but-- dans une ville dont la baie est surmontée d'un Christ Rédempteur. Cette statue, parée aux couleurs de l'Allemagne au coup de sifflet final, n'a jamais aussi bien porté son nom que pour saluer la trajectoire de Götze au Mondial.

- Retour aux préoccupations sociales -

Privés de "leur" finale, dans "leur" Maracana, les fans brésiliens qui avaient acheté leur place se sont vengés sur la présidente du pays Dilma Rousseff, copieusement sifflée au moment de remettre la Coupe du monde au vainqueur.

A Berlin, plus de 250.000 personnes, habillées aux couleurs nationales noir-rouge-or, devant la Porte de Brandebourg, au coeur de la ville, ont explosé de joie lorsque Götze a marqué. Puis sept minutes plus tard, pour célébrer la fin du match, synonyme d'un quatrième titre de champion du monde attendu depuis la réunification en 1990.

Sous les applaudissements, la sono a envoyé "We are the champions" du groupe Queen, repris en choeur par les supporters. Dans les rues, les cris ont résonné de toutes parts, au milieu des pétards et des coups de klaxon. Une foule aux couleurs noir-rouge-or a crié sa joie, sur fond de fusées pyrotechniques décorant le ciel, prélude à un immense feu d'artifices.

L'Allemagne attend maintenant le retour de ses héros pour les fêter dignement.

Au Brésil, les fans de la Seleçao ont célébré dans tout le pays avec des pétards et des feux d'artifice... la défaite de leur grand rival argentin. Mais dès ce lundi, le pays va vivre un gros coup de blues. Sur un plan sportif, beaucoup de voix se sont élevées pour exiger une remise en cause des structures du foot brésilien.

Sur le plan social, le géant sud-américain de 200 millions d'habitants va renouer avec ses préoccupations quotidiennes: croissance économique en panne, inflation dans le rouge, campagne électorale pour les élections d'octobre, transports publics et hôpitaux défaillants, corruption, insécurité, et bureaucratie endémique. La fête du "futebol" est finie. Rendez-vous dans quatre ans en Russie.

pgr/dhe

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