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La Géorgie enterre son ancien président Edouard Chevardnadzé

13/07/2014 08:15 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

Des centaines de Géorgiens se sont réunis dimanche à Tbilissi pour rendre un dernier hommage à leur ancien président, Edouard Chevardnadzé, mort lundi à l'âge de 86 ans et considéré comme un héros en Occident pour avoir été l'un des artisans de la fin de la Guerre froide.

Son cercueil, recouvert du drapeau national et entouré de fleurs, a d'abord reposé au centre de la Cathédrale de la Trinité, où s'est déroulée la cérémonie religieuse à laquelle ont assisté son fils, sa fille, ses petits-enfants, habillés de noir, de longues bougies à la main.

"Je voudrais remercier ceux qui partagent notre douleur", a dit son fils Paata Chevardnadzé.

"L'Histoire d'un pays est faite par des héros et des gens qui peuvent prévoir l'avenir du monde. Ce n'est pas exagérer que de dire qu'Edouard Chevardnadzé était les deux", a-t-il continué.

Selon le ministère géorgien des Affaires étrangères, 28 délégations étrangères étaient présentes à l'enterrement : parmi les personnalités présentes figuraient l'ancien chef de la diplomatie et vice-chancelier allemand Hans-Dietrich Genscher, ou encore l'ancien secrétaire d'Etat américain James Baker.

Dans la cathédrale, les discours de hauts dignitaires géorgiens et étrangers se sont succédé, tandis que des centaines de Géorgiens s'approchaient pour un dernier adieu à leur ancien président.

"L'abolition de la peine de mort est liée à son nom", a rappelé dans un discours le président géorgien Guiorgui Margvelachvili, qu'accompagnait le Premier ministre Irakli Garibachvili.

"La Géorgie ne serait pas libre aujourd'hui sans Edouard Chevardnadzé et Mikhail Gorbatchev", dernier dirigeant soviétique, a renchérit M. Baker.

"Cher ami Edouard (...). Merci pour ce que tu as fait pour l'Europe, merci pour ce que tu as fait pour nos peuples", a conclu M. Genscher.

- "Vieux renard" -

Une procession a ensuite conduit le cercueil de l'ancien diplomate soviétique jusqu'à sa maison, dans la capitale, où il a été enterré avec les honneurs militaires dans son jardin, près de sa femme Nanouli.

"Chevardnadzé a fait quelques erreurs graves, mais son rôle dans l'histoire reste très important", a confié à l'AFP Natiela Adamia, 56 ans, qui a assisté au service funéraire.

"Je suis venu pour honorer et dire adieu à l'un des plus importants dirigeants politiques de l'histoire de la Géorgie", a indiqué Djemal Beridzé, 54 ans, qui habite à Tbilissi.

Nommé ministre soviétique des Affaires étrangères par Mikhaïl Gorbatchev, à l'origine de la Perestroïka, Edouard Chevardnadzé a été pendant cinq ans l'un des principaux artisans du désarmement, se forgeant de solides amitiés en Occident et notamment en Allemagne.

En 1995, Chevardnadzé est élu à la présidence géorgienne en 1995 avec près de 75% des voix, mais l'ancien apparatchik, auréolé d'une réputation de démocrate et surnommé le "vieux renard", ne parvient pas à sortir son pays d'une profonde crise économique accompagnée d'une corruption galopante.

Après environ 10 ans passés à la tête de la Géorgie, il démissionne de ses fonctions en 2003 à l'issue de la "Révolution des Roses", laissant un pays appauvri et proche du chaos.

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