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Juncker se soumet au vote du Parlement européen pour constituer sa Commission

13/07/2014 12:45 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

Le nouveau Parlement européen se réunit mardi à Strasbourg pour élire le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, et la partie s'annonce serrée car nombre d'élus refusent de voter pour lui.

Le vote sera suivi le lendemain par un sommet européen extraordinaire organisé à Bruxelles pour désigner le nouveau chef de la diplomatie européenne et vice-président de la Commission européenne. Les dirigeants européens cherchent également un successeur au Belge Herman van Rompuy pour présider le conseil de l'UE.

Après les déchirements avec le Britannique David Cameron fin juin, qui s'était retrouvé totalement isolé dans son combat acharné contre M. Juncker, les chefs d'État et de gouvernement doivent décider de ces deux nominations à l'unanimité.

Au Parlement, Jean-Claude Juncker doit obtenir la majorité absolue, soit 376 suffrages sur 751 élus. Il compte sur les 480 voix du bloc formé par le Parti populaire, les Socialistes et l'Alliance des libéraux et démocrates.

"Le bloc a voté pour moi et votera aussi pour Juncker, peut-être pas tout le monde dans chacun des groupes, mais une large majorité", a assuré vendredi au quotidien belge Le Soir le socialiste allemand Martin Schulz, élu le 1er juillet président du Parlement européen avec 409 voix.

Les eurodéputés se prononceront à 12H30 (10H30 GMT) après une déclaration du candidat. Le vote est à bulletin secret et, selon les décomptes officieux, au moins une soixantaine d'élus des trois grands partis ne voteront pas pour lui, mais il devrait rallier les suffrages d'une partie des 50 élus du groupe des Verts.

Cette élection ne signifie pas la fin de l'épreuve pour le nouveau président de la Commission européenne. Il va devoir ensuite composer une équipe composée d'hommes et de femmes capables de gagner l'investiture du Parlement européen avant la fin du mandat de la Commission Barroso en octobre 2014.

- Rien n'est décidé -

Or sa tâche est compliquée par le fait que la plupart des États membres ne désignent que des postulants hommes.

M. Juncker a affiché son intention de privilégier les candidatures féminines. C'est l'une des conditions du soutien des Libéraux, qui réclament "pas moins de neuf postes de commissaire pour des femmes", comme dans la commission sortante. Or la désignation des candidats est une prérogative des États et ils n'entendent pas se laisser dicter le choix de leur candidat commissaire.

La France a deux personnalités en lice : l'ancien ministre des Finances Pierre Moscovici, qui brigue le poste de commissaire chargé des Affaires économiques, et l'ancienne ministre de la Justice Elisabeth Guigou, intéressée par l'Énergie ou le Numérique.

En outre, les 28 capitales ont du mal à s'entendre sur le nom du prochain président du Conseil. Les Socialistes ont revendiqué le poste comme contrepartie de leur soutien pour la désignation du chrétien-démocrate Juncker. Mais ils ne sont pas parvenus à désigner un candidat et risquent de perdre la fonction.

La social-démocrate danoise Helle Thorning-Schmidt est toujours en lice, mais le fait que le Danemark ne soit pas dans la zone euro pose de sérieux problèmes. Sont évoquées les candidatures du Premier ministre libéral néerlandais Mark Rutte et de l'ancien Premier ministre libéral estonien Andrus Ansip. "Mais rien n'est encore décidé", ont confié à l'AFP plusieurs sources diplomatiques. M. Rutte a assuré vendredi "ne pas être candidat".

Herman van Rompuy a engagé des consultations pour trouver l'oiseau rare, en mesure de rallier l'unanimité des 28 chefs d'État et de gouvernements. Il pourrait demander mercredi un délai supplémentaire et un nouveau sommet pourrait être organisé en septembre ou octobre, avant le terme de son mandat.

Le sommet de mercredi pourrait donc se contenter de désigner le successeur de la Britannique Catherine Ashton à la tête du service diplomatique. Le poste devrait revenir à une femme, assure-t-on. La jeune chef de la diplomatie italienne Federica Mogherini tient la corde, mais la Bulgare Kristalina Georgieva, actuellement commissaire à l'Action humanitaire, brigue également la fonction.

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