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Tour de France - Blel Kadri, un équipier atypique en pleine lumière

12/07/2014 02:52 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

La victoire de Blel Kadri lors de la 8e étape du Tour de France est le jour de gloire d'un équipier modèle, prêt à se sacrifier pour ses leaders et dont la bonne humeur rythme la vie de son équipe.

"Je l'attendais depuis un moment, je me bats pour ça. Il faut être tenace, ne rien lâcher et un jour, la roue tourne. Aujourd'hui, c'est mon jour". Le sourire radieux de Blel Kadri est à la mesure de son soulagement.

La route a été longue pour le coureur de 27 ans d'origine algérienne, une rareté dans le peloton de première division (avec Nacer Bouhanni), "pétri de qualités" selon son manager Vincent Lavenu mais qui a mis du temps à se remettre d'une grave chute.

Les talents de puncheur du Toulousain ont tapé dans l'oeil des dirigeants de l'équipe AG2R La Mondiale qui l'ont recruté en 2008 en tant que stagiaire, avant de le faire passer pro l'année suivante. "Il a quand même gagné le Challenge français en cadets, juniors, espoirs et aussi deux Coupes du monde chez les juniors. En gagner une, OK. Deux, ça veut dire qu'il y a des grosses qualités derrière", souligne Lavenu.

Sa progression a connu un sérieux coup d'arrêt en 2012 dans une chute sur Paris-Nice alors qu'il avait glané d'intéressantes places d'honneur l'année précédente sur le Tour Down Under (8e), Paris-Nice (15e) et le Tour de Catalogne (10e).

Une fracture de l'omoplate et un traumatisme crânien l'éloignent du vélo et lui laissent des appréhensions. "Il a eu du mal à se remettre dans le bain, notamment en ce qui concerne l'adresse et la capacité à +frotter+ dans le peloton", explique Lavenu.

- "Collectif, collectif, collectif" -

Mais il a continué à s'acquitter de ses tâches d'équipier. "C'est un super gars, toujours collectif, collectif, collectif. Combien de fois il s'est sacrifié pour des leaders, pour des copains...", souligne le directeur sportif Julien Jurdie.

"Blel, c'est un mec du Sud-Ouest, un peu +doucement le matin et pas trop vite l'après-midi+. Il est tranquille", sourit-il.

Sa tranquillité a été perturbée samedi et son succès va sans aucun doute faire ressortir son profil "coureur d'origine maghrébine", dont il refuse les clichés. "Des journalistes m'ont déjà demandé: +Puisque tu t'appelles Kadri, tu viens d'un quartier difficile, hein ? T'as souffert, t'as la dalle, c'est comme ça que tu y es arrivé ?+", confiait-il au JDD en 2012.

Sa trajectoire n'a pourtant pas été évidente depuis les cités du Mirail davantage tournées vers le foot et où les cuissards ne font "pas très viril". Lui-même avouait "avoir eu du mal" quand il lui a fallu se raser les jambes, "un geste très féminin".

Mais une chose est sûre, Kadri ne s'attardera pas dans la lumière des projecteurs. A peine sa victoire passée, il remettait déjà le costume d'équipier: "Il ne faut pas relâcher la pression, il reste encore deux semaines. On a encore un très bon collectif, de très bons leaders. On va rester concentré".

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