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Rencontres au sommet à Vienne sur le nucléaire iranien

12/07/2014 10:00 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

Les chefs de la diplomatie des puissances occidentales se retrouvent dimanche à Vienne pour tenter de débloquer de très difficiles négociations sur le nucléaire iranien, à huit jours de la date butoir pour aboutir à un accord définitif.

En provenance de Kaboul, John Kerry (Etats-Unis) est arrivé à Vienne tôt dans la matinée. William Hague, Laurent Fabius et Frank-Walter Steinmeier le rejoindront à la mi-journée dans la capitale autrichienne où les négociateurs iraniens et ceux du 5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) discutent âprement depuis le début du mois pour trouver un accord sur ce dossier qui empoisonne leurs relations depuis une décennie.

Mais le conflit entre Israël et le Hamas va aussi inviter dans les discussions entre les ministres occidentaux, qui chercheront, selon le Britannique William Hague, à définir "une action internationale urgente et concertée" en vue d'un cessez-le-feu.

Le groupe des grandes puissances ne se réunira pas en plénière, les ministres russes et chinois étant absents, mais des entretiens bilatéraux ou trilatéraux seront organisés avec le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif.

Le but de ces rencontres au sommet, décidées alors que les négociations sont dans une phase "difficile", selon les deux parties, vise, selon Washington, à aplanir "les divergences importantes" subsistant dans les négociations.

Parvenir à un accord avant la date butoir "est difficile mais pas impossible", a déclaré samedi un haut représentant du département d'Etat, assurant que les négociateurs étaient déterminés à "travailler jusqu'au dernier moment".

En début de semaine, le Français Laurent Fabius avait estimé qu'aucune des questions principales" concernant le programme nucléaire iranien, notamment le niveau d'enrichissement d'uranium et le nombre de centrifugeuses que la communauté internationale est prête à accepter, n'était résolue.

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, qui a le dernier mot dans le dossier nucléaire, avait indiqué mardi vouloir accroître la capacité d'enrichissement à un niveau industriel, afin de pouvoir produire le combustible nécessaire à ses futures centrales nucléaires. Les grandes puissances veulent au contraire une forte diminution.

- "Divergences profondes" -

"Ce qui reste, ce sont les questions clés, qui sont déterminantes", a résumé vendredi le négociateur iranien, Abbas Araghchi, évoquant "des divergences profondes".

La communauté internationale, qui soupçonne l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, veut obtenir de fermes garanties sur la nature strictement civile du programme nucléaire iranien, en échange de la levée des sanctions qui asphyxient l'économie de ce pays.

Depuis la signature d'un accord intérimaire historique conclu à Genève en novembre 2013 assurant le gel du programme nucléaire contre une levée limitée des sanctions, les négociations se sont enchaînées pour tenter de parvenir à un accord définitif, censé être conclu le 20 juillet. Les négociations peuvent toutefois être prolongées avec l'accord des deux parties.

"Il n'est pas encore certain qu'on pourra remplir le fossé", a prévenu M. Araghchi, souhaitant que la présence des ministres ait "une influence positive" pour donner un nouvel élan aux discussions.

"Nous espérons qu'il y ait un accord avant le 20 juillet. Si ce n'est pas le cas, on peut prolonger si nécessaire de quelques jours les discussions, mais si on constate que les demandes excessives (des Occidentaux) continuent et qu'un accord est impossible, ce ne sera pas un drame et nous continuerons notre programme", a-t-il mis en garde.

Les rencontres dimanche pourraient tenter de définir les conditions d'une reconduction des négociations, même s'il sera "difficile de considérer une extension (des discussions) sans progrès significatifs sur les points cruciaux", a fait valoir une source américaine.

Elles permettront également de juger du niveau d'unité du groupe des six grandes puissances, représentées par le chef de la diplomatie européenne, Mme Catherine Ashton. En début de semaine, Laurent Fabius avait évoqué pour la première fois des "différences d'approche" entre Russes et Occidentaux.

Samedi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré que "l'unité ne devait pas occulter" les intérêts russes, selon l'agence russe Ria Novosti, sans plus de précisions. Un haut responsable du département d'Etat a cependant démenti toute division au sein du groupe.

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