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Mondial-2014 - Bilan: désastre annoncé, grand succès à l'arrivée

12/07/2014 09:35 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

La Coupe du monde était soi-disant vouée à l'échec: les stades n'étaient pas prêts, les aéroports sous-dimensionnés, et les manifestations devaient tout emporter. Mais si tout se passe comme prévu dimanche, jour de finale, le Brésil pourra se vanter d'avoir organisé un superbe Mondial, sur et en dehors des terrains.

Quand le Brésil décrocha l'organisation de la Coupe il y a sept ans, l'objectif était de montrer au monde non seulement son football mais aussi que le pays-continent était capable d'organiser l'un des plus grands événements de la planète. Et il a réussi, selon le gouvernement, la Fifa et les experts.

"On a réussi à organiser la Coupe malgré ceux qui disaient que ce serait le chaos", a déclaré la présidente Dilma Rousseff, en quête de réélection dans trois mois.

"Le Brésil est immense, a beaucoup de défauts, les villes brésiliennes ont de grands problèmes", a déclaré à l'AFP Lamartine da Costa, expert en grands événements sportifs de l'Université de Rio (Uerj). "Mais c'est la 7è économie du monde et quand il faut mener à bien quelque chose, en général ça fonctionne".

- Magie Brésilienne -

Le succès de la Coupe vient en grande partie de la magie du Brésil, de sa passion pour le football et la samba, son climat, ses plages et son peuple hospitalier et festif.

Les Fan Fest dans les 12 villes hôtes ont attiré en moyenne 25.000 supporteurs du monde entier les jours de match à Rio et Sao Paulo. Dans les stades, le climat était aussi à la fête malgré quelques accrochages. "Pour ce que j'ai vécu ici, il faudrait une Coupe du monde tous les quatre ans au Brésil", a lancé l'ex-attaquant hollandais Van Hooidjonk.

Le ministère du Tourisme estime que sa prévision de 600.000 touristes étrangers au Brésil pendant le Mondial sera dépassée. Cela représente le double par rapport au Mondial-2010 en Afrique du Sud.

Même la Fifa, très inquiète avant le début de la compétition, reconnaît que tout s'est bien passé. "C'est ma 20è Coupe du monde et je peux dire que cette Coupe est incontestablement un grand succès. Où sont tous les problèmes qui auraient pu surgir? Je ne peux que féliciter le peuple brésilien", a déclaré le président de la Fifa, Joseph Blatter.

Certaines décisions du gouvernement ont contribué au bon déroulement du tournoi: les jours de match ont été décrétés fériés pour faciliter la mobilité urbaine en réduisant les embouteillages et la sécurité a été renforcée dans les villes hôtes pour éviter les bagarres entre supporteurs, les vols et les attaques.

Mais on a frôlé la catastrophe à Belo Horizonte: l'effondrement d'un viaduc en construction, prévu initialement dans le cadre du Mondial, sur une route en contre-bas de laquelle passaient des voitures a fait deux morts et obligé à annuler un jour de Fan Fest.

- Manifestations réduites -

Contrairement à beaucoup de pronostics il n'y a pas eu de grandes manifestations comme pendant la Coupe des Confédérations en juin 2013 qui avaient rassemblé plus d'un million de personnes révoltées par la facture de 11 milliards de dollars du Mondial au détriment d'investissements dans la santé et l'éducation.

Mais pour la finale dimanche au Maracana, Allemagne-Argentine, où une nouvelle manifestation a été convoquée aux abords du stade, les autorités ont déployé un dispositif sans précédent de 26.000 policiers et soldats dans la ville.

- Transports efficaces -

Les 12 stades ultramodernes, dont six ont été terminés à la dernière minute, ont rempli aussi leur mission. Toutefois, de nombreux travaux d'infrastructure ont été abandonnés et beaucoup se demandant si les stades onéreux de Manaus et Cuiaba, villes sans club de première division, ne deviendront pas des "éléphants blancs".

Dans les aéroports où l'on redoutait le chaos et les retards le trafic a été intense mais sans grands problèmes. Plus de 15 millions de passagers sont passés dans les aéroports brésiliens, avec un record de passagers transportés le 3 juillet, à la veille de la demi-finale Allemagne-Brésil (548.000 passagers).

Le pourcentage de retards a été de 6,6% et celui d'annulation de vols de 5,4%. A titre de comparaison, 7,6% de vols ont eu des retards dans l'Union européenne, selon l'Agence d'Aviation Civile du Brésil.

- Le Mondial sur la pelouse ? "A festa" ! -

Que retiendra-t-on du Mondial sur les terrains ? Il suffit de demander aux anciens joueurs. "Cela été l'une des meilleures Coupes du monde au niveau technique pour moi, même si à l'approche de la finale, ça a été un peu plus tendu", a résumé pour l'AFP Rai, ancien international brésilien du Paris SG.

Ce n'est que logique au pays du "futebol" roi, qui a vu naître les Garrincha, Pelé, Ronaldo "O Fenomeno". Le tournoi a été régal pour le spectacle lors du premier tour, avec par exemple, l'Espagne, championne du monde en titre balayée (5-1) par les Pays-Bas.

Et quand les matches à élimination directe sont arrivés, l'émotion fut à son comble, comme en 8e de finale lorsque Julio Cesar, gardien du Brésil, pleura AVANT une séance de tirs au but dont il fut pourtant le héros face au Chili.

Et s'il y avait un match à retenir ? C'est évidemment la demi-finale qui a brisé le rêve de sixième Coupe du monde du Brésil, avec un infamant (7-1) pour le Brésil face à une Allemagne si joueuse. "Mais qu'est-ce que c'était que ça ? Incroyable" en avait même twitté de joie l'ancien libero vedette de la Mannschaft, Franz Beckenbauer.

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