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Mondial-2014 - Allemagne-Argentine, faîte suprême du "futebol"

12/07/2014 08:17 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

LE grand moment est arrivé, LA finale de la Coupe du monde au pays du foot: un sommet au Maracana entre l'Allemagne, nation la plus régulière au XXIe siècle, et l'Argentine de Lionel Messi, un des meilleurs joueurs de l'histoire.

Depuis l'attribution du Mondial-2014 au Brésil, cela fait sept ans que la planète football attend ce moment, ce premier coup de sifflet de l'arbitre italien Nicola Rizzoli dans le stade mythique de Rio de Janeiro (16h00 locales, 21h00 françaises).

L'attente était plus longue encore pour les deux finalistes, qui ont remporté leur dernière Coupe du monde... l'un contre l'autre: l'Argentine de Maradona en 1986 (3-2) et l'Allemagne de Matthäus en 1990 (1-0). Et les deux équipes s'étaient affrontées en 2006 et 2010 lors de quarts houleux (victoires allemandes aux tirs au but et 4-0).

La Nationalmannschaft a remporté son dernier trophée à l'Euro-1996 et compte décrocher sa quatrième étoile après le "miracle de Berne" de 1954, le sacre du "Kaiser" Beckenbauer en 1974 et donc 1990. Elle disputera à Rio sa 8e finale d'un Mondial (record).

"Dans une finale, peu importe où, l'objectif est de gagner et ramener la coupe à la maison. Mais nous savons bien sûr que nous pouvons entrer dans l'histoire en faisant quelque chose qui n'est jamais arrivé, les Sud-Américains ont toujours dominé sur ce continent", a estimé le sélectionneur Joachim Löw.

L'Argentine n'a rien gagné depuis la Copa America de 1993 (hormis les JO 2004 et 2008) et avait remporté la première de ses deux Coupes du monde à domicile, en 1978, année du "Matador" Kempes.

Un autre siècle, tout ça !

"On va tout donner pour le maillot argentin, pour le foot, comme on l'a toujours fait, à travers l'humilité, le sacrifice, le travail, la simplicité, donner avant de recevoir, pardonner avant d'exiger", a déclaré un brin lyrique le sélectionneur de l'Abiceleste Alejandro Sabella, qui pourra s'appuyer sur la présence de 100.000 fans ayant pris d'assaut Rio de Janeiro.

- 'Mineirazo' -

La finale millésimée 2014 clôturera un tournoi très riche, de l'élimination prématurée de l'Espagne tenante du titre, giflée d'entrée par les Pays-Bas vice-champions du monde (5-1), à l'incroyable "Mineirazo", cette demi-finale perdue 7-1 par le Brésil. Une suite au "Maracanazo" de 1950, lorsque la Seleçao avait perdu le titre face à l'Uruguay (1-2) dans le premier Mondial achevé au Maracana.

Forcément, l'auteur de ce coup de théâtre a les faveurs des pronostics: l'Allemagne arrive en pleine confiance, telle une machine implacable, dans la lancée de ses dernières campagnes (finale au Mondial-2002, 3e place au Mondial-2006, finale à l'Euro-2008, 3e place au Mondial-2010, demi-finale à l'Euro-2012).

Gavée d'accessits, elle apparaît plus déterminée que jamais à aller au bout. Tout semble concorder: elle dispose d'un entraîneur fin tacticien et à sang-froid, Joachim Löw, qui a mis en place un milieu de terrain hyper-dominateur, avec le duo Khedira-Schweinsteiger en soutien du meneur Kroos, meilleur passeur du tournoi (4 passes décisives, ex aequo avec le Colombien Cuadrado).

En attaque, elle compte deux buteurs, l'étonnant Müller (5 buts, comme en 2010) et le vieux Klose (36 ans), qui a dépossédé Ronaldo de son record de buts en Coupes du monde avec une 16e réalisation. Outre un joker décisif en la personne de Schürrle (3 buts).

Implacable machine ? L'Allemagne a écrasé le Portugal (4-0) mais aussi éprouvé des difficultés face au Ghana (2-2), les Etats-Unis (1-0) et l'Algérie en 8e de finale (2-1 a.p.). Oui, mais elle n'a jamais perdu...

L'Argentine d'Alejandro Sabella elle non plus n'a jamais perdu dans le tournoi, mais n'a jamais gagné par plus d'un but d'écart, parfois sur le tard passant même par la séance des tirs au but pour écarter les Pays-Bas en demi-finales (0-0 a.p., 4-2 t.a.b.).

Mais la défense n'a plus pris de but depuis trois matches, protégée par un Mascherano intraitable. Dans le secteur offensif, Di Maria, toujours incertain, fera-t-il son retour après ses soucis musculaires, et Agüero confirmera-t-il le sien ?

- L'enjeu Messi -

Sans eux, Messi est un peu seul. Transparent en demi-finales, se montrera-t-il à la hauteur de l'enjeu pour s'asseoir aux côtés du "Dieu" Maradona dans le panthéon du ballon rond ? C'est l'autre match dans le match.

Le quadruple Ballon d'Or égalera définitivement l'idole du peuple argentin s'il remporte la Coupe du monde. Même si son aura ne sera sans doute jamais équivalente à celle du "Pibe de Oro", il le surclasserait au palmarès.

Avant la nomination de Sabella, Messi n'avait jamais vraiment brillé en sélection. Persistait ainsi une sorte de malentendu entre la "Puce" et son pays natal, quitté à l'âge de 13 ans pour rejoindre "la Masia" du FC Barcelone.

Tout a changé avec Sabella, qui a tenté de faire avec Messi ce qu'avait réussi Carlos Bilardo avec Maradona en 1986: bâtir une équipe à son service. Le buteur, promu capitaine, s'est alors métamorphosé avec l'Albiceleste (10 buts en phase qualificative, 4 buts en Coupe du monde).

Jusqu'où ira Messi ? L'Allemagne est-elle trop forte pour l'Argentine ? LE grand moment est arrivé.

ybl-kn/dhe

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