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Les députés irakiens sous pression pour avancer vers un gouvernement

12/07/2014 10:00 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

Le nouveau Parlement irakien doit tenir dimanche sa deuxième réunion alors que la pression s'accentue pour que la classe politique surmonte ses profondes divisions afin de former un gouvernement d'union jugé indispensable face à l'avancée des insurgés sunnites.

Plusieurs capitales étrangères, mais aussi l'ONU ou encore le grand ayatollah Ali al-Sistani, le plus important dignitaire chiite du pays, multiplient les appels pressants à l'unité, mettant en garde contre une menace de "chaos".

Mais la réunion inaugurale du Parlement le 1er juillet avait tourné à la farce, entre insultes et sorties théâtrales.

Les députés, qui doivent se réunir en fin de matinée, ont pourtant pour mission de se choisir un président, puis d'élire un président de la République chargé de désigner un prochain Premier ministre censé former un gouvernement d'union pour sauver le pays de l'implosion.

Un échec de ce processus "risque de plonger le pays dans le chaos", a prévenu samedi l'émissaire de l'ONU à Bagdad, Nickolay Mladenov. "Cela ne servira que les intérêts de ceux qui cherchent à diviser le peuple irakien et à détruire ses chances de prospérité et de paix".

Première avancée, les parlementaires sunnites à qui revient selon un accord tacite le poste de président du Parlement, ont accordé leur confiance samedi soir à Salim al-Joubouri. Ils ont cependant réitéré leur refus de voir le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki briguer un 3e mandat.

Les chances que les députés mettent de côté les différents qui ont quasi-paralysé la vie politique depuis des années sont ainsi bien minces.

M. Maliki est vivement critiqué après huit ans de pouvoir pour son autoritarisme et son choix de marginaliser la minorité sunnite mais son bloc est arrivé largement en tête du scrutin du 30 avril.

- 'Comme la dernière fois' -

Parallèlement, les tensions s'accroissent avec les Kurdes, dont les forces ont profité de la crise pour s'emparer de territoires et de champs de pétrole disputés et qui souhaitent désormais tenir un référendum d'indépendance.

"Je pense que la réunion de (dimanche) va être comme la dernière fois. Je doute que les partis s'accordent sur trois noms", a déclaré samedi à l'AFP le député kurde Rizan Diler Mustafa.

Selon un accord non officiel, le président du Parlement doit être sunnite, le président de la République kurde et le Premier ministre chiite.

"Nous avons reçu des assurances de la part des chiites que Maliki n'allait pas être Premier ministre", a déclaré Dhafer al-Ani, un responsable sunnite.

"Ensuite, il sera de leur devoir de présenter leur candidat pour le poste de Premier ministre, mais cela ne peut pas être Maliki", a-t-il insisté.

Même si son bloc ne dispose pas de la majorité, M. Maliki a déjà prévenu qu'il n'entendait pas céder la place à une personnalité plus susceptible de rassembler, d'autant qu'aucune figure de ce type ne semble émerger.

A l'étranger comme en Irak, on espère qu'un gouvernement d'union pourrait aider à ramener vers Bagdad la minorité sunnite, qui a lancé un mouvement de protestation l'année dernière contre le gouvernement Maliki et dont une partie soutient activement les insurgés.

Outre les velléités sécessionnistes kurdes, la crise a provoqué une autre fracture dans le pays: les insurgés sunnites contrôlent de vastes pans de territoire dans le nord, l'ouest et l'est du pays.

A leur tête, les jihadistes ultra-radicaux de l'Etat islamique (EI) ont annoncé fin juin l'établissement d'un "califat" sur les zones qu'ils contrôlent, de l'ouest de la Syrie à l'est de l'Irak.

Signe des vives tensions qui traversent le pays, des hommes armés ont tué samedi soir 25 femmes dans deux immeubles d'un quartier résidentiel surveillé par les forces de l'ordre mais connu pour être un lieu de prostitution.

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