NOUVELLES

Israël bombarde Gaza, Washington offre ses services pour une trêve

12/07/2014 04:51 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Israël continuait samedi de bombarder la bande de Gaza, disant avoir réduit la puissance de feu du Hamas palestinien, alors que Washington a renouvelé son offre de service pour arracher un cessez-le-feu et éviter une offensive terrestre.

Les frappes israéliennes et les tirs de roquettes vers Israël ont néanmoins baissé d'intensité samedi matin, selon les journalistes de l'AFP à Gaza.

Les raids aériens ont provoqué la mort d'au moins 16 Palestiniens dans la nuit de vendredi à samedi, portant le bilan à 121 morts et 700 blessés, en majorité des civils, depuis le début de l'opération israélienne "Protective Edge" il y a cinq jours.

L'armée israélienne a assuré avoir "porté atteinte significativement aux capacités du Hamas", le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza.

L'aviation a visé "158 cibles associées au Hamas" en 24 heures dans la bande de Gaza, dont 68 lance-roquettes, 21 bases paramilitaires et des caches d'armes, dont l'une dissimulée dans une mosquée, selon un communiqué militaire.

L'armé a également ciblé "10 agents terroristes", dont certains impliqués dans les attaques à la roquette contre Israël.

- Contacts américains -

Dans le même temps, six roquettes ont été lancées depuis vendredi minuit de l'enclave palestinienne en direction d'Israël, dont une a été interceptée par le système de défense anti-aérien Iron Dome. Environ 525 roquettes ont été tirées de Gaza, et 138 détruites en vol, depuis le début des hostilités.

Elles n'ont fait aucun mort, mais une dizaine de blessés.

Ce nouveau conflit est le plus meurtrier depuis l'opération "Pilier de Défense" en novembre 2012, qui avait déjà pour objectif de faire cesser les tirs de roquettes de Gaza. Les hostilités avaient fait 177 morts palestiniens et 6 Israéliens.

La spirale de violence a été enclenchée après l'enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens en Cisjordanie, attribués par Israël au Hamas, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem par des extrémistes juifs.

Peu avant le début du repos du shabbat, vendredi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proclamé qu'Israël résisterait à toute ingérence internationale en vue d'un cessez-le-feu.

"Aucune pression internationale ne nous empêchera de frapper les terroristes qui nous attaquent", a-t-il assuré.

Dans un entretien téléphonique avec M. Netanyahu, le président américain Barack Obama a pourtant proposé sa médiation pour tenter de rétablir le calme, exprimant "sa crainte d'une escalade".

Les Etats-Unis sont à cet égard prêts à utiliser leurs réseaux au Moyen-Orient pour "essayer de parvenir à la fin des tirs de roquettes à partir de Gaza", a expliqué la Maison Blanche.

Washington considère toujours le Hamas comme une "organisation terroriste".

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé à un cessez-le-feu.

Mais aussi bien M. Netanyahu que le dirigeant du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, ne semblent disposés à une trêve pour le moment.

- Sur le pied de guerre -

Au sol, les préparatifs en vue d'une possible invasion de l'enclave palestinienne se poursuivent, dans ce qui s'apparente aussi à une guerre psychologique.

Des journalistes de l'AFP ont vu des chars israéliens convoyés dans la nuit vers l'enclave palestinienne.

Plus de 30.000 réservistes sont sur le pied de guerre.

"Pour le moment, nous en sommes à la première phase: les attaques aériennes. J'imagine que nous déciderons demain ou après-demain de la prochaine étape", a indiqué vendredi le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, un partisan de la manière forte.

Deux soldats israéliens ont été blessés vendredi par un missile antichar le long de la clôture de sécurité séparant Israël de la bande de Gaza, illustrant les risques d'une opération terrestre.

L'attaque israélienne contre Gaza a déclenché des protestations des pays arabes.

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe doivent se rencontrer lundi au Caire pour discuter de la détérioration de la situation à Gaza.

Mais l'Egypte, médiatrice lors des précédents conflits entre Israël et le Hamas, est davantage en retrait dans cette crise.

Le Caire a affirmé vendredi avoir déployé des efforts pour stopper la violence mais s'être heurtée à "l'entêtement" des protagonistes, appelant la communauté internationale à intervenir.

Devant la dégradation des conditions humanitaires à Gaza, 34 ONG internationales ont appelé à un cessez-le-feu et au respect des droits de l'Homme dans ce territoire palestinien sous blocus israélien.

bur-agr/vl

PLUS:hp