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Syrie: l'ONU adoptera lundi une résolution facilitant l'assistance humanitaire

11/07/2014 08:31 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait adopter lundi une résolution autorisant les convois humanitaires destinés à des millions de civils syriens à passer par les frontières de la Turquie, de la Jordanie et de l'Irak, ont indiqué vendredi des diplomates.

Après des semaines de négociations, les trois pays (Jordanie, Luxembourg et Australie) chargés de rédiger cette résolution ont figé le texte en vue d'un vote. La Russie, qui a déjà mis son veto à quatre résolutions sur la Syrie depuis le début du conflit en mars 2011, ne devrait pas bloquer son adoption.

"Nous sommes proches d'un très bon accord", a déclaré vendredi soir à des journalistes le président rwandais du Conseil de sécurité Eugène-Richard Gasana. Dans la matinée, avant d'ultimes négociations, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine s'était lui aussi montré optimiste, précisant qu'il ne restait dans le texte que "deux éléments inacceptables" pour la Russie, sans les citer.

Les passages transfrontaliers se feront par quatre points, dont deux en Turquie (Bab al-Salam et Bab al-Hawa), un en Irak (Al Yarubiyah) et un en Jordanie (Al-Ramtha). Le chargement des camions sera soumis, en amont de la frontière, à un "mécanisme de contrôle" établi par l'ONU "afin de confirmer la nature humanitaire des cargaisons" et les autorités syriennes seront simplement notifiées.

L'ONU estime que ce système devrait permettre de ravitailler en nourriture et médicaments entre 1,3 et 1,9 million de civils supplémentaires, essentiellement dans des zones tenues par les groupes armés d'opposition.

Selon le texte, dont l'AFP a eu copie, le Conseil "décide que les agences humanitaires de l'ONU et leurs partenaires sont autorisés à utiliser des itinéraires à travers les lignes de front et les points de passage frontaliers de Bal al-Salam, Bab al-Hawa, Al Yarubiyah et Al-Ramtha, en plus de ceux déjà en usage" dans le but de secourir les civils "par les voies les plus directes".

Cette autorisation est valable pour 180 jours et devra être renouvelée par le Conseil.

Celui-ci exige aussi des belligérants qu'ils facilitent l'acheminement "sans entrave" de l'aide et garantisse la sécurité des humanitaires.

Les négociations sur le texte ont longtemps piétiné, la Russie insistant pour que son allié syrien garde un droit de regard sur ces opérations alors que les Occidentaux voulaient le passage le plus fluide possible.

L'autre point litigieux a été l'éventuelle sanction si Damas ne joue pas le jeu, les Occidentaux faisant valoir qu'une précédente résolution adoptée en avril sur l'accès humanitaire était restée lettre morte.

Finalement, le texte prévoit "des mesures supplémentaires en cas de non-respect par l'une ou l'autre des parties syriennes" de la nouvelle résolution ou de la précédente, sans autre précision. Il faudra de toute façon dans ce cas une nouvelle décision du Conseil, que la Russie pourra bloquer.

Selon l'ONU, qui a publié quatre rapports à ce sujet, le gouvernement syrien continue de vouloir contrôler strictement la livraison d'aide humanitaire et impose des obstacles bureaucratiques ou arbitraires.

En raison de ces restrictions et de l'insécurité, 10,8 millions de Syriens ont besoin de secours et les humanitaires ont du mal à atteindre 4,7 millions d'entre eux, assiégés par les troupes gouvernementales ou rebelles ou pris au piège des combats.

avz/rap

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