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Soudan du Sud: l'UE sanctionne le chef militaire rebelle et un gradé loyaliste

11/07/2014 05:42 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

L'Union européenne (UE) a frappé à la tête les belligérants au Soudan du Sud, en sanctionnant le chef militaire rebelle Peter Gadet, et un haut gradé de l'armée loyaliste, Santino Deng, selon le Journal officiel de l'UE vendredi.

Les Européens ont annoncé jeudi les sanctions contre ces chefs, visés par un gel des avoirs et une interdiction de visa entrés en vigueur vendredi.

Les deux responsables sont sanctionnés pour leurs actes au printemps dans la bataille de Bentiu, capitale de l'Etat pétrolifère d'Unité (nord), en violation d'accords de cessez-le-feu et au prix de centaines de morts civils.

Le chef de milice anti-gouvernementale Peter Gadet est accusé d'avoir "alimenté le cycle de la violence" et "commis de graves violations des droits de l'Homme" lors de la prise de la ville par les rebelles en avril.

Le 23 avril, Peter Gadet avait déjà été sanctionné par les Etats-Unis (gels d'avoirs et interdiction de commercer avec des entités américaines) pour les "actes d'horreur" commis à Bentiu, selon Washington.

Commandant de la troisième division d'infanterie de l'Armée populaire de libération, loyale au président Salva Kiir, Santino Deng a dirigé la reprise de la ville en mai, en rupture du cessez-le-feu.

De multiples sources ont fait état d'atrocités des deux camps à Bentiu, notamment de massacres de civils sur des critères ethniques.

Le camp du président Kiir et celui de son rival et ancien vice-président Riek Machar avaient ensuite signé un accord de paix le 9 mai, resté lui aussi lettre morte.

A la rivalité entre les deux dirigeants se greffent de vieilles rancunes entre peuples dinka et nuer, les deux principales communautés du pays, dont ils sont respectivement issus.

L'UE maintient également son embargo sur les armes, mais tant le gouvernement que les rebelles "continuent à acheter des armes", a reconnu lors d'une conférence de presse le directeur pour l'Afrique du service diplomatique de l'UE, Nick Westcott.

Les sanctions sont "un premier pas, symbolique, pour signaler" la volonté de l'UE "d'agir" en vue de l'ouverture de négociations de paix "substantielles", a-t-il souligné. En l'absence de progrès ces prochaines semaines, l'UE pourrait élargir ses sanctions aux responsables politiques.

Trois ans après la création du Soudan du Sud, le conflit, assorti d'atrocités, a chassé de chez eux 1,5 million de Sud-Soudanais, fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts, et quelque 400.000 réfugiés dans les pays alentours.

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