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Le marché de la dette en zone euro profite d'une accalmie au Portugal

11/07/2014 05:13 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Les taux d'emprunt du Portugal et des autres pays du sud de la zone euro se détendaient vendredi matin, signe d'une certaine accalmie après les secousses de la veille liées aux difficultés d'une grande banque portugaise.

Ces taux reculaient, après avoir démarré la séance en légère hausse dans le prolongement des fortes tensions de jeudi.

Vers 10H50 (08H50 GMT), le taux à 10 ans du Portugal, qui évolue en sens inverse de la demande, s'établissait à 3,879% contre 3,985% jeudi à la clôture sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.

Il avait flambé jeudi, franchissant même brièvement les 4%, pénalisé par les affres de la banque portugaise Espirito Santo (BES), dont le principal actionnaire est en proie à une grave crise financière.

De même, après s'être tendu sensiblement la veille, le taux de l'Espagne était à 2,787% (contre 2,825%) et celui de l'Italie à 2,911% (contre 2,945%).

"La Banque du Portugal, qui a annoncé que la BES avait les moyens de faire face aux difficultés de son groupe, a rassuré le marché et a calmé le jeu", remarque Nordine Naam, stratégiste chez Natixis.

La Banque du Portugal a déclaré vendredi que les réserves financières de la BES sont "suffisantes", après des propos similaires tenus à l'AFP par un porte-parole jeudi soir.

En parallèle, les autorités boursières portugaises ont décidé d'interdire pendant la journée de vendredi la vente à découvert des actions de la BES, qui restaient suspendues vendredi.

L'autorité boursière portugaise "examine l'information fournie" dans la nuit par la BES concernant son exposition aux autres sociétés du groupe Espirito Santo, chiffré à 1,18 milliard.

Les marchés ne semblent pour le moment pas retenir le scénario d'une contagion à d'autres pays de la zone euro.

Il faut dire que pour l'instant, les problèmes ne concernent qu'une banque et "la situation n'est pas pareille dans les autres pays, notamment en Espagne", souligne M. Naam.

Selon le stratégiste, la hausse des taux de jeudi et donc la baisse du cours des obligations offrent même des occasions d'achats pour les investisseurs.

En outre, "alors que les dettes périphériques avaient été très recherchées avant l'action de la BCE (Banque centrale européenne) début juin, elles ont depuis eu tendance à consolider avec des prises de profits", rappelle le stratégiste.

Plus généralement, ces difficultés au Portugal soulignent "surtout que le secteur bancaire reste encore fragile en zone euro" et par conséquent "le travail qui est en train d'être fait par la BCE en terme de supervision est une bonne chose", selon M. Naam.

De leur côté, les dettes des pays les plus solides bougeaient peu, après avoir servi de valeur refuge aux investisseurs la veille.

Le taux de l'Allemagne était à 1,212% (contre 1,198%) et celui de la France à 1,646% (contre 1,638%). Le rendement français avait atteint un plus bas historique à 1,604% jeudi matin.

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