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Japon: rétrogradé au rang de dépression, le typhon Neoguri laisse des traces

11/07/2014 12:45 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

Le typhon Neoguri, passé près de Tokyo après avoir balayé une grande partie de l'archipel japonais durant plusieurs jours, s'est transformé vendredi en dépression extra-tropicale, laissant derrière lui plusieurs morts, une soixantaine de blessés et des centaines de maisons endommagées.

Le coeur de Neoguri est passé au sud du Japon dans la nuit de jeudi à vendredi (heure locale) pour accoster dans la préfecture de Chiba, à l'est de Tokyo, un peu après 05H00 locales (jeudi 22H00 GMT), accompagné de fortes bourrasques en bord de mer et d'importantes vagues de plusieurs mètres, selon les images de la chaîne de télévision NHK.

Avant que ce cyclone tropical n'affecte le coeur du territoire nippon jeudi, il avait déversé des trombes d'eau depuis le début de la semaine sur un très large périmètre, d'Okinawa (extrême-sud) au centre de l'archipel.

Du sud-ouest au nord-est, depuis le début de la semaine, la quasi-intégralité du pays a été concernée par des mises en garde ou alertes aux fortes pluies, vents violents, vagues gigantesques et montée du niveau de la mer.

C'est qu'au typhon en lui-même, qui s'est étendu sur des centaines de kilomètres et a progressé très lentement dans les premiers jours, s'est combiné le front de pluie habituel en cette époque de l'année.

Ces intempéries ont causé au moins sept décès et blessé 66 personnes en diverses régions. A Nagano (centre-nord), une énorme coulée de boue drainant tout sur son passage a emporté une famille de quatre personnes, tuant un enfant de 12 ans.

Plus de 680 maisons ont par ailleurs été envahies par les eaux, saccagées par le vent ou emportées par des rivières déchaînées ou terres liquéfiées, selon les autorités et médias sur place.

Des centaines de milliers de personnes ont en outre été temporairement invitées à rejoindre des refuges publics pour fuir les risques encourus par leurs habitations.

Les écoles sont souvent restées fermées un ou plusieurs jours, et certaines entreprises avaient demandé à leurs salariés de ne pas venir en attendant la fin de la tempête.

- Typhon parti, mais risques au sol -

L'agence de météo prévient qu'il faut rester vigilant, car les sols regorgent d'eau et des chutes de pierres ou glissements de terrain sont à redouter dans les jours qui viennent dans les zones affectées, particulièrement dans la partie sud-ouest. Les préfectures de Kagoshima ou Kumamoto étaient notamment concernées, de même que Niigata au nord.

Dans la capitale, où le soleil était revenu vendredi matin au lendemain de rafales de vent et fortes précipitations ponctuelles par endroits, l'impact du typhon apparaissait limité : les trains circulaient normalement et les compagnies aériennes ne prévoyaient pas de perturbations majeures.

Neoguri, ou ce qu'il en reste, se dirigeait vendredi midi (heure locale) vers le nord-est en s'éloignant des côtes nippones. Une attention particulière était portée à la région de Fukushima, où se trouve la centrale nucléaire mise en péril par le tsunami du 11 mars 2011 et où l'eau contaminée est déjà le problème majeur. Cependant, seule une "mise en garde jaune" était maintenue.

Il ne restait alors plus à la mi-journée qu'une seule région en "alerte rouge", l'est de l'île septentrionale de Hokkaido.

Le Japon subit chaque année des cyclones tropicaux, mais ils sont rarement aussi violents au mois de juillet.

Les météorologues s'interrogent sur les raisons de cette exception qui rappelle en tout cas que le Japon est un territoire à la merci de toutes les menaces terrestres, célestes et marines.

Il subit chaque année 20% des séismes les plus violents enregistrés sur Terre et se souvient entre autres du tsunami de 2011 qui avait tué directement plus de 18.000 personnes puis provoqué l'accident atomique de Fukushima.

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