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Israël et le Hamas s'installent dans la guerre, 100 morts à Gaza en 4 jours

11/07/2014 08:40 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

L'offensive israélienne à Gaza a fait plus de 100 morts palestiniens en quatre jours et les tirs de roquettes vers Israël se poursuivaient vendredi, en dépit d'une offre de médiation de Washington.

Peu avant le début du repos du shabbat, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays résisterait à toute pression internationale pour un cessez-le-feu.

"Aucune pression internationale ne nous empêchera de frapper les terroristes qui nous attaquent", a assuré M. Netanyahu lors d'une conférence de presse dans une salle sécurisée du ministère de la Défense à Tel-Aviv.

Dans un entretien téléphonique avec M. Netanyahu, le président américain Barack Obama a exprimé sa crainte d'une escalade" et proposé sa médiation pour rétablir le calme.

"Les Etats-Unis restent prêts à faciliter une cessation des hostilités, y compris le retour à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2012", a ajouté la Maison Blanche. Toutefois Washington considère le mouvement islamiste Hamas comme une "organisation terroriste".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait appelé jeudi à un cessez-le-feu lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Mais aussi bien Benjamin Netanyahu que le dirigeant du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, ne semblent disposés à une trêve pour le moment.

- Plus de 100 tués à Gaza -

A Gaza, les raids israéliens ont tué jeudi au moins 10 Palestiniens, dont un enfant et une femme, selon les services d'urgences locaux, portant le bilan à 103 morts et plus de 500 blessés, dont un grand nombre de civils, depuis le début de l'opération israélienne "Protective Edge" il y quatre jours.

Ce nouveau conflit est le plus meurtrier depuis l'opération "Pilier de Défense" en novembre 2012, qui visait déjà à faire cesser les tirs de l'enclave palestinienne. Les tirs avaient alors tué 177 Palestiniens et 6 Israéliens.

Selon l'armée israélienne, le Hamas et le Jihad islamique, un groupe radical allié, ont lancé plus de 40 roquettes et obus depuis jeudi minuit. Au total, 426 projectiles ont été tirés de Gaza, et 121 autres détruits en vol, depuis le début des hostilités.

Une dizaine d'Israéliens ont été blessés, dont deux grièvement, ces derniers jours.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a revendiqué quatre tirs de roquettes à longue portée contre l'aéroport international Ben Gourion, dans la périphérie de Tel-Aviv, et mis en garde les compagnies étrangères contre "les dangers" d'atterrir en Israël.

L'aéroport n'a pas été touché mais ses opérations ont été interrompues pendant quelques minutes. Plusieurs compagnies aériennes interrogées par l'AFP ont confirmé maintenir leurs vols vers Tel-Aviv, la capitale économique d'Israël.

Cet engrenage des violences a été enclenché après l'enlèvement le 12 juin puis le meurtre de trois étudiants israéliens en Cisjordanie, attribué par Israël au Hamas, suivi de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem par des extrémistes juifs.

La confrontation menace de s'élargir sur le front nord d'Israël après un tir de roquette depuis le Liban, qui n'a pas fait de victime. L'artillerie israélienne a riposté, visant les environs d'un village dans le sud du Liban, avant que le calme ne revienne.

- 'Punition collective' -

A Jérusalem-Est annexé et en Cisjordanie occupée, ce deuxième vendredi du mois de ramadan a été relativement calme. Redoutant des violences, la police israélienne avait de nouveau restreint l'accès à l'esplanade des Mosquées: 12.000 croyants seulement sont venus prier.

En Galilée (nord d'Israël), quelque 4.000 Arabes israéliens ont manifesté près de Nazareth contre "les crimes de guerre israéliens" à Gaza.

L'aviation israélienne a mené des dizaines de raids jeudi dans la bande de Gaza, ciblant des lance-roquettes, des tunnels, des bureaux du Hamas et d'institutions islamistes, ainsi que des maisons de cadres du mouvement.

Un photographe de l'AFP a vu plusieurs bateaux en flammes dans le port de Gaza, dont le "Gaza Ark", un gros navire de pêche avec lequel une organisation internationale pro-palestinienne se préparait à tenter de briser le blocus maritime israélien.

Au sol, les préparatifs pour une éventuelle opération terrestre continuent.

"Les terroristes à Gaza ont fait une grave erreur en attaquant la population d'Israël", a répété le chef d'état-major israélien, le général Benny Gantz, en avertissant que son armée allait "élargir ses activités selon ses besoins et avec toutes les forces nécessaires".

Selon l'armée, 33.000 réservistes ont d'ores et déjà été mobilisés.

Des journalistes de l'AFP ont vu d'importantes concentrations de troupes, de chars et de canons d'artillerie à proximité de l'enclave palestinienne.

L'attaque contre Gaza a déclenché la colère des voisins d'Israël.

"Il (Israël) dit que (le Hamas) tire des roquettes. Mais quelqu'un est-il mort ?", a protesté le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, un allié du Hamas, en accusant Israël de "mensonges".

L'Egypte, premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël en 1979, a fustigé la "politique de punition collective" d'Israël à Gaza, déplorant que les efforts qu'elle dit avoir déployés pour stopper les violences se soient heurtés à l'"entêtement" des protagonistes.

Face à la dégradation de la situation à Gaza, 34 associations humanitaires internationales ont appelé vendredi à un cessez-le-feu ainsi qu'au respect des droits de l'homme dans l'enclave palestinienne.

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