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France: les festivals sous la menace d'une nouvelle grève des intermittents samedi

11/07/2014 12:36 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Les grands festivals de l'été en France, qui battent leur plein après des débuts difficiles marqués par un premier mouvement de grève des intermittents du spectacle (artistes, techniciens, régisseurs...), pourraient être de nouveau affectés par un appel à la grève samedi.

Vendredi, le prestigieux festival de théâtre d'Avignon (128.000 spectateurs l'an dernier), caisse de résonance du mouvement des intermittents, s'est prononcé en faveur de la grève lors d'une assemblée générale.

Il s'agit toutefois d'une orientation générale, dont l'impact reste à déterminer spectacle par spectacle. La direction du festival annoncera samedi à la mi-journée quels spectacles ne pourront être donnés pour cause de grève.

Samedi, pas moins de 13 spectacles, dont "Le Prince de Hombourg" dans la cour d'honneur, se partagent l'affiche à Avignon (sud).

La menace d'une annulation totale des festivals comme en 2003, lors de la dernière grande crise des intermittents s'est éloignée: les équipes ont massivement décidé de maintenir les manifestations phares, comme Avignon, Aix-en-Provence (sud) ou les Francofolies de La Rochelle (ouest), tout en laissant un espace aux prises de parole des intermittents.

Les intermittents, qui exercent leur activité en alternant périodes d'emploi et de chômage, dénoncent leur nouvelle convention de chômage qui durcit les conditions d'indemnisation des périodes d'inactivité, dans un secteur où l'emploi précaire est la règle.

Vendredi, le tribunal de grande instance de Paris, saisi par le syndicat CGT, a refusé de suspendre l'application de cette convention, renvoyant à une audience le 30 septembre pour un examen sur le fond.

Les journées de grève comme celle de samedi ont pour objectif de continuer à faire pression sur le gouvernement et les partenaires sociaux, alors qu'une concertation s'est ouverte à Paris avec toutes les parties concernées en vue d'une refonte du régime d'indemnisation chômage des intermittents.

A Avignon, une première grève le 4 juillet avait retardé d'un jour l'ouverture et empêché les premières du "Prince de Hombourg", dans la cour d'honneur du Palais des Papes, et de "Coup fatal". Au festival lyrique d'Aix-en-Provence, la première de l'opéra "Il Turco in Italia" avait également été annulée.

Selon le directeur du festival d'Avignon, Olivier Py, le coût d'un spectacle annulé dans la cour d'honneur est de 45.000 euros en billetterie. A Aix-en-Provence, chaque opéra annulé coûte 150.000 euros.

Les dommages se sont également fait sentir en termes de fréquentation: les festivals d'Avignon et Aix ont souffert d'un fléchissement des ventes de billets.

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