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Commerce: Européens et Japonais entament la 2e année de négociations

11/07/2014 06:06 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Européens et Japonais ont discuté toute cette semaine à Tokyo sur le projet d'un vaste accord de libre-échange entre les 28 pays de l'UE et le Japon, marquant le début de la deuxième année de négociations.

Rien n'avait filtré vendredi, au dernier jour de cette sixième session de pourparlers, mais, relève un spécialiste européen, sa simple tenue avait de l'importance en soi, car elle confirme que le Japon a réussi l'"examen de passage" à la fin de la première année.

En lançant le processus de négociations avec Tokyo au printemps 2013, Bruxelles avait prévenu d'emblée que les pourparlers pourraient être stoppés au bout d'un an si Tokyo ne démontrait pas sa volonté de supprimer les barrières non-tarifaires (NTB) qui ferment l'accès des Européens aux marchés nippons.

"Il y a eu un consensus au sein des Etats membres pour dire que les négociations devaient se poursuivre", a annoncé la Commission Européenne le 26 juin, ajoutant tout de même que "certains Etats avaient fait part de leurs inquiétudes".

"L'offre tarifaire (japonaise) sur l'accès au marché des produits n'est pas époustouflante, mais elle est au niveau de ce que l'on peut attendre après un premier échange d'offres", avait alors déclaré le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, évoquant toutefois des progrès "de bon augure sur les barrières non tarifaires".

"Seul un accord ambitieux --notamment en matière de mesures non tarifaires, de marchés publics et d'indications géographiques-- sera acceptable pour les Européens", avait averti la Commission, qui négocie au nom des Etats membres.

Concernant les "indications géographiques", le ministre de l'Agriculture japonais Yoshimasa Hayashi a tenu jeudi à relativiser le problème: "Il y a certes des différences entre le système japonais et celui de l'UE, mais si l'on regarde sur le fond, nous sommes en train d'expliquer aux Européens que ces différences ne provoquent pas de dommages substantiels", a-t-il dit à l'AFP.

- Pas un "round d'observation" -

Cette sixième rencontre ne semble pas avoir été un "round d'observation" car, selon une source européenne, "tous les sujets étaient sur la table", en gros le contenu des offres globales préliminaires échangées lors de la cinquième session de négociations en avril dernier.

Au coeur des négociations lancées au printemps 2013: côté japonais, l'abolition totale des droits de douane européen sur les voitures "made in Japan", "le gros lot" selon le terme d'un diplomate.

Et côté européen, la levée par Tokyo des barrières non tarifaires qui cadenassent de nombreux marchés nippons tels que le transport ferroviaire, les médicaments, les aliments, le vin, mais aussi bloquent l'accès aux marchés publics.

Ces marchés publics, souligne un spécialiste, "représentent 12% du PIB japonais, mais seulement 0,5% sont ouverts" à la concurrence.

En mai, le Premier ministre japonais Shinzo Abe avait appelé à "conclure le plus rapidement" cet accord, si possible "d'ici à fin 2015", ce qui permettrait à l'ensemble UE-Japon de peser 30% de l'économie du monde et 40% de son commerce.

S'il était finalisé en 2015, l'accord pourrait être signé avant celui de libre-échange trans-Pacifique négocié actuellement avec difficultés par Tokyo et Washington et 10 autres pays.

On n'en est cependant pas encore là car, au stade actuel, on n'est pas encore entré "dans le dur", confie à l'AFP un expert du dossier.

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