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Tour de France - Greipel ou l'éternelle quête de reconnaissance

10/07/2014 02:02 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

L'Allemand André Greipel, vainqueur jeudi de la 6e étape du Tour de France, a cherché toute sa carrière une reconnaissance venue tardivement et qu'il aimerait voir enfin durer.

Il a mis des années à s'affranchir de l'ombre de la "grande gueule" Mark Cavendish. Enfin installé dans le gratin du sprint mondial, il se voit désormais voler la vedette par la "belle gueule" Marcel Kittel, son cadet déjà vainqueur de trois étapes sur le Tour 2014.

Jeudi, quand on l'a interrogé après sa victoire sur sa saison ternie par une fracture de la clavicule au printemps dans le final de Gand-Wevelgem, il a rétorqué: "J'ai quand même gagné treize courses, non ?". Avec notamment une étape du Tour et un titre de champion d'Allemagne, difficile en effet de parler d'une saison ratée...

Mais Greipel n'attire pas l'oeil. Malgré un physique surpuissant qui lui a valu le surnom de "Gorille", il a toujours eu du mal à s'imposer. "Peut-être que je suis trop gentil ?", s'interrogeait-il en 2011.

Pendant quatre ans chez T-Mobile, devenue HTC, il n'a jamais pu trouver sa place, souffrant d'une rivalité constante avec des sprinteurs comme Gerald Ciolek et surtout Mark Cavendish. L'histoire des deux hommes est jalonnée de règlements de compte et d'insultes.

En 2007, après avoir travaillé pour Ciolek, à l'époque grand espoir du cyclisme allemand de quatre ans son cadet, Greipel doit composer avec Cavendish, trois ans plus jeune que lui mais doté d'une ambition et d'une confiance en lui largement supérieures.

- Le bon choix du Lotto -

"Cav" devait être à son service pour l'emmener au sprint... mais il ne l'a pas toujours fait. Comme lors d'une mémorable arrivée à l'Etoile de Bessèges 2007 où Greipel perd la roue du Britannique, qui finit deuxième derrière l'Italien Angelo Furlan quand lui se classe finalement neuvième.

"Tu as fait le sprint uniquement pour toi ! Tu es un connard égoïste !", lance-t-il à Cavendish en rentrant au bus.

L'épisode marque le début de leur inimitié. Bien que dans la même équipe, aucun des deux ne s'aide. Et Cavendish, qui n'est jamais meilleur que dans l'adversité, distille des petites phrases dans la presse, accompagnées de victoires de prestige.

L'Allemand finit par craquer, frustré de ne pas sentir le soutien de son encadrement qui l'a progressivement relégué dans des courses de moindre envergure (victoires sur le Tour Down Under 2008 et 2010, maillot vert de la Vuelta 2009...) sans l'aligner sur le Tour.

En 2011, il décide de rejoindre la formation belge Lotto où, avec un train qui lui est entièrement dévoué, il a déployé son style puissant, typique de l'école allemande du sprint. Et il prend une petite revanche en luttant désormais d'égal à égal avec Cavendish.

Cette année, le Britannique, blessé dès la première étape, est hors jeu sur le Tour. Lui reste à dompter Marcel Kittel, qui l'a dominé dans les trois premières arrivées au sprint. Mais les relations sont beaucoup plus apaisées qu'avec "Cav".

"Ce n'est pas une question de nationalité, assure-t-il. On est rivaux mais on a beaucoup de respect l'un pour l'autre". Lors des prochaines étapes du Tour, la lutte ne sera pas parasitée par les petites phrases. Elle aura lieu sur l'asphalte, où il est bien plus à l'aise.

sva/jm/bvo

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