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L'UE prend des sanctions contre deux chefs militaires du Soudan du Sud (officiel)

10/07/2014 07:11 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

L'Union européenne a décidé jeudi d'imposer des sanctions à deux chefs militaires des factions rivales du Soudan du Sud, pour leur responsabilité dans la poursuite des hostilités et des exactions qui déchirent le nouvel Etat.

Les noms de ces deux personnes n'ont pas été révélés et seront publiés vendredi au Journal officiel de l'UE.

Les deux chefs militaires viennent des "deux camps" selon Nick Westcott, directeur pour l'Afrique du service diplomatique de l'UE.

Ils "sont responsables de violations de l'accord de cessez-le-feu et seront soumis à un gel des avoirs et une interdiction de visas", selon un communiqué du Conseil de l'UE, qui représente les Etats membres. Ils sont aussi "responsables d'atrocités".

L'UE a indiqué qu'elle maintenait également son embargo sur les armes. Mais tant le gouvernement que les rebelles "continuent à acheter des armes", a reconnu M. Westcott lors d'un point de presse.

Les sanctions sont "un premier pas, symbolique, pour signaler" la volonté de l'UE "d'agir" en vue de l'ouverture de négociations de paix "substantielles" entre les deux parties en conflit, a-t-il souligné.

Si aucun progrès n'est enregistré ces prochaines semaines, l'UE pourrait élargir ses sanctions, y compris aux responsables politiques, a-t-il indiqué. "Ceux qui bloquent le processus (de paix) et commettent des atrocités doivent savoir qu'ils seront pénalisés", a-t-il insisté.

Opposant depuis le 15 décembre l'armée loyale au président Salva Kiir à une rébellion menée par son ancien vice-président Riek Machar, le conflit a chassé de chez eux 1,5 million de Sud-Soudanais et fait des milliers, voire des dizaines de milliers, de morts.

Les deux camps ont commis des atrocités sur des bases ethniques, selon de multiples sources, et les organisations humanitaires ont prévenu que le pays était au bord de la famine.

"La situation ne cesse d'empirer", avec plus de la moitié de la population ayant besoin d'une aide humanitaire, et une propagation du choléra avec désormais 3.200 cas recensés, a souligné Jean-Louis De Brouwer, du service d'aide humanitaire de l'UE.

La fuite de quelque 400.000 civils dans les pays voisins, Ethiopie, Ouganda, Kenya et Soudan, menace aussi d'une "crise régionale", a-t-il mis en garde.

Les deux parties avaient signé un accord de paix le 9 mai, mais aucun cessez-le-feu n'a jamais été respecté. L'UE avait menacé le 14 mai de prendre des sanctions ciblées si cet accord de paix n'était pas respecté.

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