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Israël - Palestine: qui sont les Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas

10/07/2014 11:49 EDT | Actualisé 10/07/2014 11:50 EDT
AFP

La tension n'avait pas été aussi forte depuis novembre 2012. Le Hamas palestinien a envoyé une salve de roquettes mercredi 9 juillet vers Israël, visant notamment Tel-Aviv, après l'intensif pilonnage aérien israélien de la bande de Gaza. Et les échanges de continuer: l'aviation israélienne a visé plus de 300 cibles dans la bande de Gaza durant la nuit de mercredi à jeudi en réponse à la poursuite des tirs de roquettes vers Israël, a annoncé un porte-parole de l'armée.

L'opération aérienne israélienne lancée depuis trois jours a fait au moins 70 morts dont 14 dans la nuit de mercredi à jeudi et 3 jeudi matin, à quelques heures d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité réclamée par les Palestiniens et les pays arabes à l'ONU ainsi que par le secrétaire général de l'organisation Ban Ki-moon lui-même. Lors de cette réunion d'urgence, Ban Ki-moon a appelé à un cessez-le-feu entre Gaza et le Hamas.

Mercredi, deux roquettes tirées vers Tel-Aviv, le cœur économique d'Israël, ont été interceptées par le système de défense antimissile Iron Dome, selon un porte-parole militaire. Trois autres engins ont atterri en Israël. Au total, 117 roquettes avaient été lancées mardi de Gaza, dont 45 ont été détruites en vol. Elles n'ont pas fait de victime. Et pour la première fois, deux roquettes palestiniennes tirées de la bande de Gaza sont tombées mercredi en mer au large de Haïfa, dans le nord d'Israël, à 160 km de l'enclave, selon les médias israéliens. Si ces tirs sont confirmés de source officielle, il s'agira de l'objectif le plus distant jamais atteint par des roquettes palestiniennes. Des tirs revendiqués peu après par les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas.

Focus sur cette organisation dans le viseur d'Israël.

«Un réseau de cellules spécialisées»

Si le Hamas a été créé en 1987 pendant la première Intifada [soulèvement des Palestiniens, ndlr] , ce n'est que quatre ans plus tard qu'il se dote d'une branche militaire, les Brigades Ezzedine al-Qassam. L'origine de ce nom est explicité sur le site internet du groupe. «Historiquement, Ezzedin Al-Qassam est le nom d'un moudjahid [combattant, ndlr] pionnier qui a été martyrisé en 1935, près de Jénine. Al-Qassam est né en Syrie et a été expulsé vers la Palestine pour avoir résisté à l'occupation française de la Syrie et du Liban. En Palestine, il a continué sa lutte contre l'occupation britannique, qui avait promis de faire du pays une patrie pour les Juifs au détriment des habitants», peut-on y lire.

Le nombre exact de ses membres, qui se battent «contre l'occupation sioniste», est tenu secret par l'organisation qui se présente comme «un réseau de cellules spécialisées qui opèrent partout dans la bande de Gaza et en Cisjordanie». Cependant, plusieurs pays estiment leur nombre à plusieurs milliers de combattants. Sur leur site, les Brigades Ezzedine al-Qassam affirment que des centaines de ses recrues ont été tuées ou emprisonnées, sans avancer de chiffre exact.

Dès 1997, les États-Unis décident de placer le Hamas et ses brigades sur la liste des organisations terroristes (le groupe figure aussi sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne). En cause, les modes d'actions utilisés, notamment les attentats suicide et le tir de missiles.

Selon le site de la sécurité intérieure australien, «depuis leur premier attentat suicide en 1993, les Brigades auraient tué plus de 500 personnes dans plus de 350 attentats distincts». Toutefois, le texte ajoute également que «depuis 2005, la majorité de l'activité terroriste menée par les Brigades a consisté en l'utilisation d'armes légères et de tirs de roquettes et de mortier concernant les actifs et les communautés militaires israéliennes à proximité de la bande de Gaza».

Une organisation connectée

Des actions financées de plusieurs manières à en croire un rapport du contre-terrorisme américain paru en avril 2014. «Historiquement, le Hamas a reçu des fonds, des armes, et des formations de l'Iran, mais leur relation a souffert après que le Hamas a refusé de soutenir le président syrien Bachar al-Assad. Le groupe recueille également des fonds dans les pays du Golfe et reçoit des dons de Palestiniens expatriés dans le monde entier à travers ses organismes de bienfaisance».

Le rapport ajoute que «toutefois, les récents efforts de l'armée égyptienne pour détruire les tunnels reliant Gaza avec le Sinaï ont sérieusement limité l'accès du Hamas aux armes, aux marchandises de contrebande, et aux matériaux de construction».

Enfin, loin d'être en décalage avec son temps, la branche armée du Hamas est connectée. En plus d'un site internet assez fourni et structuré, les brigades sont également présentes sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter. Si le compte officiel a été suspendu par Twitter en janvier dernier, l'organisation n'a pas tardé a en en recréer un autre pour diffuser ses actions.

Israël promet d'intensifier les attaques

Face aux tirs des brigades, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'a pas tardé à réagir. «Nous avons décidé d'intensifier les attaques contre le Hamas et les autres organisations terroristes à Gaza», a-t-il déclaré, selon un communiqué de son bureau, à la suite de consultations avec les chefs de la Défense dans le sud d'Israël.

«L'armée est parée à toute éventualité», a-t-il assuré. «Le Hamas paiera un prix lourd pour ces tirs sur la population civile. La sécurité des Israéliens est primordiale et cette opération se poursuivra jusqu'à ce que les tirs vers les localités israéliennes s'arrêtent et que le calme soit revenu», a plaidé le Premier ministre.

Des déclarations qui n'augurent rien de bon pour ce conflit sans fin: une offensive terrestre est susceptible d'être lancée contre le territoire palestinien.

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