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Inde: Modi promet modération budgétaire et opportunités pour les investisseurs étrangers

10/07/2014 05:30 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

Le nouveau gouvernement indien, conduit par le nationaliste hindou Narendra Modi, a dévoilé jeudi son premier budget, promettant d'importants efforts de réduction du déficit public mais aussi d'ouvrir des secteurs clé aux investisseurs étrangers.

Le ministre des Finances Arun Jaitley a souligné que le gouvernement de droite, large vainqueur des législatives en mai, avait hérité d'une situation "difficile", combinant une faible croissance et une inflation galopante de près de 10%.

Tenu par les fortes attentes de la population et des investisseurs, le nouvel exécutif a dévoilé trois grands axes de sa politique budgétaire: un net recul du déficit public, des cessions d'actifs publics et une plus grande ouverture aux investisseurs étrangers.

Sur les efforts budgétaires, il a ainsi repris l'objectif du précédent gouvernement de diminuer le déficit public à 4,1% du PIB sur l'exercice 2014/15 en cours (clos fin mars), contre 4,5% l'an dernier, alors que les économistes s'attendaient à un moindre effort. Il a aussi promis de le réduire encore sur les deux exercices suivants à 3,6% du PIB, puis 3%.

"Nous ne pouvons laisser de dettes en héritage aux futures générations", a dit le ministre Arun Jaitley devant le parlement, reconnaissant qu'il s'agissait d'un objectif "redoutable".

Le gouvernement promet en parallèle de renouer avec une croissance de 7% à 8% d'ici trois à quatre ans, après être tombée sous les 5% depuis deux ans. L'Inde atteignait une croissance de près de 10% dans les années 2000, nécessaire pour absorber les millions de jeunes arrivant sur le marché du travail chaque année.

Ce budget "marque le début d'un parcours pour atteindre une croissance de 7% à 8% d'ici trois à quatre ans", a dit Jaitley.

Le ministre des Finances a également annoncé que les investisseurs étrangers seraient autorisés à détenir des participations allant jusqu'à 49% dans les secteurs de la défense et de l'assurance, contre 26% précédemment.

Il va aussi vendre des participations dans des banques publiques, a-t-il dit, sans plus de précision. Nombre d'entre elles sont fragilisées par un taux important de créances douteuses et ont donc besoin de capitaux.

"Le gouvernement continuera d'en détenir la majorité, mais les citoyens indiens pourront obtenir une part directe dans ces banques", a indiqué le ministre.

- Réforme de la TVA -

Le ministre a aussi déclaré qu'il "était temps" de mettre en place un régime unique de TVA sur tout le territoire, une réforme réclamée par les milieux d'affaires, alors que la taxation varie actuellement selon les Etats.

La Bourse de Bombay, qui a progressé d'environ 20% depuis le début de l'année dans l'anticipation de l'élection de Modi, réagissait peu à ce premier budget, reculant de 0,43% vers 12H30 (07H00 GMT).

L'Inde, dont deux tiers des 1,25 milliard d'habitants vit avec moins de 2 dollars par jours selon la Banque mondiale, va continuer d'accorder une attention spécifique aux plus pauvres, a dit Jaitley.

Mais, a estimé le ministre en reprenant les slogans électoraux de Modi, les pauvres veulent des opportunités d'emplois et non simplement des aides. "Ce sont les pauvres qui souffrent le plus. Nous devons nous assurer que les programmes de lutte contre la pauvreté sont bien ciblés", a dit Jaitley.

Modi, qui a fondé sa campagne sur les résultats économiques de l'Etat du Gujarat qu'il a dirigé pendant 13 ans, a promis "un gouvernement minimum pour une gouvernance maximum". Il a également reconnu que des mesures difficiles devraient être prises, à l'image de la forte hausse des tarifs de chemin de fer justifiée par le déficit abyssal et la nécessaire modernisation du réseau. Il a cependant dû partiellement revenir sur sa décision.

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